LOGO

AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 BIBBO HOBBS ∞ originality is an underestimate of perfection.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Admin



Messages : 514
Date d'inscription : 17/12/2009
Age : 21
Localisation : Sur le forum, en train de moderer vos paves de textes!

Feuille de Superheros/Supervillain - Mutant
Sexe: Masculin
Jauge de vie du Superheros/Supervillain - Mutant:
0/0  (0/0)

MessageSujet: BIBBO HOBBS ∞ originality is an underestimate of perfection.   Mar 12 Fév - 17:34



Yannick Bibbo Hobbs
featuring Sean O'Pry
NOM(S) : Hobbs. PRÉNOM(S) : Yannick Bibbo. AGE : 21 ans (07/07). LIEU DE NAISSANCE : Égypte. NATIONALITÉ : (rappelez-vous que l'Amérique n'encourage pas la double nationalité même si elle est autorisée, privilégiez donc la nationalité américaine ou un visa) Américano-Suisse. ORIGINE(S) : Américano-Suisse (donc européen, si on remonte plusieurs siècles en arrière). ÉTUDES : bachelor journalisme (majeure), bachelor histoire (mineure). ORIENTATION SEXUELLE : bisexuel. DES SOUCIS DE SANTÉ ? : non. SITUATION SOCIALE : célibataire. SITUATION FINANCIÈRE : riche. SITUATION FAMILIALE : (frères, soeurs, parents morts/en bonne santé/malade) parents divorcés ; soeur jumelle décédée ; soeur adoptive qu'il chérit, de deux ans sa cadette. PLUS GRAND REVE : d'aller au paradis ? PLUS GRAND CAUCHEMAR : celui de mourir demain. Noyé, qui plus est. VOTRE PROVERBE DE VIE : nous ne vivons qu'une seule fois.
You know my name...
come on down to front and sit right here and don't be shy
Vous vous retrouvez en face de l'adjointe du Doyen pour l'entretien décisif qui vous donnera accès ou non à une place dans cette prestigieuse université qu'est l'UCLA... pesez vos mots et répondez-lui avec le plus de sincérité possible, car elle a un don pour deviner lorsqu'on lui ment pour l'impressionner ! Alors Monsieur/Mademoiselle, il semblerait que vous vous intéressez de près à UCLA, puis-ce que vous vous trouvez ici aujourd'hui. Commençons par de simples questions, voulez-vous ? Premièrement, j'aimerais en savoir plus sur votre parcours scolaire ainsi que sur vos connaissances linguistiques... résumez-moi donc les cursus que vous avez choisi et pour quelle raison.

J'ai grandi la première moitié de ma vie en suisse. Puis, mes parents ont divorcé, lorsque j'avais ... Très exactement, treize ans. Expédié à l'autre bout du globe, je fus forcé de continuer mon éducation dans un système pédagogique entièrement différent : le système américain. J'ai décidé d'étudier le journalisme ainsi que dans l'histoire. Le premier afin de pouvoir me plonger à cent pour cent dans ma passion, à savoir, l'écriture. Afin de pouvoir vivre de cette passion et de l'utiliser dans le but de retranscrire des messages utiles et engagés. J'ai choisi l'histoire en étude mineure afin de pouvoir approfondir mes connaissances du passé, mais également afin de pouvoir m'améliorer en tout ce qui est agencement des informations dans un texte retraçant le passé, qu'il soit distant, ou proche.

Quelle carrière professionnelle envisagez-vous ?

Mon projet est de devenir un journaliste, ça, ça me semble assez logique. J'aimerais avoir un emploi dans lequel je me sentirais à l'aise, au départ. Évidemment, ceci n'est pas mon rêve. J'ai déjà eu plusieurs de mes nouvelles de publiées dans des magazines locaux, et je compte ainsi, un jour, me plonger réellement dans le monde de l'écriture de romans. Mais avant ça, évidemment, il faut bien gagner sa vie. L'on ne peut pas écrire si l'on ne peut même pas s'acheter un stylo, après tout, si ?

Faisiez vous partie d'un club lorsque vous étiez au lycée ?

Pour tout vous avouer, j'ai longtemps été dans l'équipe de football de mon lycée ; il nous arrivait, même, parfois, d'aller faire des tournois nationaux. Et on a gagné, en 2006, à la Coupe de New York, ainsi qu'en 2008, à la coupe de Boston. Lors de mes deux dernières années d'études, j'étais même capitaine de l'équipe ... Et je n'ai jamais eu de meilleurs amis que ceux de ma division.

Je vois... et sinon, avez-vous voyagé dans d'autres pays, par le passé ? Parlez-vous d'autres langues que l'anglais ?

Oui. J'ai visité un beau nombre des capitales d'Europe, ainsi que des mégalopoles américaines. Je dois vous avouer que c'est toujours extrêmement épanouissant de pouvoir découvrir de nouvelles cultures et civilisations, et que je ne me lasserais jamais de voir la variété fascinante que le monde a à nous offrir. Si je parle d'autres langues ? Eh bien, pour commencer, le suisse-allemand, la langue de ma mère. Et puis, le français ... L'anglais, évidemment, malgré mon léger accent. Et n'oublions pas, non plus, l'italien, que j'ai décidé d'apprendre au lycée. Je ne suis certes pas courant dans cette langue-ci et mes bases franco-allemandes sont réellement adaptées au dialogue, et non aux écrits formels. Mais voici toutes les langues que j'ai apprises au cours de ma vie.

Elle vous jauge du regard, pose à nouveau ses yeux sur votre dossier, puis continue. Hm... je suppose que vous êtes assez mature pour me parler de vous sans trop vanter vos atouts. Face à votre regard perplexe, elle soupire. Parlez-moi de vous, à présent. Votre caractère, ce que vous aimez... les activités sportives que vous pratiquez, vos hobbies.

Je dois vous avouer que j'ai du mal à me décrire, en partie parce que je ne saurais exactement jauger où s'arrête ma personnalité, et commence celle des autres. Je suis très réceptif aux influences de mon entourage, que ce soit celles de mes pairs, de mes parents, de mes professeurs ou de tierces figures d'autorités imposantes dans ma vie, telles que le pasteur. J'ai toujours voulu faire de mon mieux, dans tout ce que j'entreprends, bien que j'aie hérité d'un enthousiasme farouche du côté de mon père. Énergétique, je peux veiller plusieurs nuits tout en étant tout frais une fois le matin arrivé, et le café est rapidement devenu mon meilleur ami, au cours des années passées. J'adore écrire, et je pense que si l'on m'ôtait mes mains, je n'aurais, non seulement plus que mes yeux pour pleurer, mais également, aucune raison de vivre. Mon cerveau bouillonne constamment et mes idées ne veulent que sortir de celui-ci ... Si seulement je n'avais jamais besoin de dormir ! Il n'y a rien de pire que de sentir une partie de soi-même éteinte. Quand je suis déconnecté de mon cerveau, je ne vis pas. Et j'aime vivre.

Vous avez la légère impression qu'elle n'a pas écouté la moitié de ce que vous venez de lui raconter et pourtant son visage se redresse vers vous avec un sourire poli qui ne dit rien sur ce qu'elle pourrait penser de vous en réalité. Le stress monte d'un cran... Comme vous le savez, notre université possède une excellente réputation que nous souhaitons entretenir, je tiens donc à vous rappeler que nous nous montrons intransigeants envers ceux qui ne respectent pas les règles de l'institution ou n'obtiennent pas des résultats suffisants ... sa façon de vous fixer vous fait tout de suite comprendre qu'elle attend vos propres arguments en faveur de votre "potentiel d'étudiant" et de votre respect du règlement (que vous n'avez pas encore lu, en fait) Vous feriez donc mieux de raconter n'importe quoi sur votre prestigieux parcours académique.

Oui madame. Je le sais. Néanmoins, si jamais je me retrouvais emmêlé à une quelconque offense à cet établissement, je vous jure de partir dignement, sans causer d'histoires. Promis. Néanmoins, je ne pense pas que cela arrivera, je n'y vois aucune raison. Il lui sourit chaleureusement, espérant avoir répondu à sa question adéquatement.

Hm ... très bien, très bien. Une dernière chose, à présent. Elle prend un air encore plus sérieux que tout à l'heure alors que vous ne pensiez même pas que cela était humainement possible. Vous ne pouvez être sans savoir qu'une fusillade a eu lieu ici-même, il y a maintenant sept ans ... je tenais donc à connaître votre ressenti vis-à-vis de cela.

Eh bien ... Pour tout vous dire, j'espère sincèrement que cela ne se reproduira plus. Je ne suis pas fait pour le drame, réellement. Sinon, j'aurais opté pour des études dans le théâtre. Il rit alors nerveusement d'un rire qui se voulait léger, mais qui était, malheureusement, un peu trop forcé. Tant pis. C'était trop tard.

Et finalement, l'entretien se termine. Ouf ! Vous recommencez à respirer normalement et vous vous levez après avoir été remercié par l'adjointe que vous espérez ne plus revoir avant un bon moment. Elle vous serre la main fermement (et c'est à ce moment-là que vous vous rendez compte que votre paume est moite, et la sienne, glaciale), puis vous raccompagne à la porte avant de refermer cette dernière (à clef ... hein ?! ) une fois que vous l'avez passée. Woah ... eh bien, ce fut un échange fort en émotions, mais vous vous félicitez d'y avoir survécu. Le plus dur est, après tout, bel et bien terminé !

Not my story.
this is my life and I'm still trying to figure out how that could be.
C'est comme quelque chose que vous n'avez jamais ressenti auparavant. Un mot. Une phrase. Une idée. Un concept ... Que vous ne pouvez pas accepter. Votre soeur était morte. Non. Votre soeur jumelle. Ce n'était pas pareil, absolument pas. Je me demande si vous savez, vous, quel effet cela ferait de perdre votre univers tout entier. Comme si la seule chose que vous ayez réellement connu toute votre vie se soit faite engloutir sous un amas de vagues, avec, comme seul accompagnement, vos cris de détresse ? Je me demande si vous savez, vous, ce que cela fait, que de se faire séparer d'une moitié de son coeur, arraché par la force d'une eau qu'on croyait douce. Deux satellites, gravitant l'un autour de l'autre. Deux astres faits uniquement pour coexister en parfaite harmonie. L'un ne peut être sans l'autre. Du moins, en théorie. C'est ce que je croyais, jusqu'à lors. C'est certainement ce que le dictionnaire m'a appris, en tous les cas.

JUMELLE[TECHNOLOGIE]- Chacune des deux pièces semblables et semblablement disposées entrant dans la composition d'un outil, d'une machine etc.

Ça, c'était nous. Yannick et Yaëlle. Inséparables, depuis la naissance. L'un, brun aux yeux bleus. L'autre, blonde aux yeux couleur châtaigne. L'un grand, imposant. Plutôt docile. Plutôt réfléchi. L'autre, d'apparence petite, et frêle. Fragile. Et pourtant, elle avait le coeur féroce, la passion fougueuse, et l'âme téméraire. Le gouverneur et la guerrière. La lune et le soleil. Deux opposés fusionnels faits pour exister dans le même lieu, en parfaite symbiose. Dans l'harmonie la plus pure qui soit. Nous avions grandis en Suisse, tous deux. Heureux comme des poissons en l'eau. Nous avions appris le français et le suisse-allemand, les deux langues de notre mère. Nous étions devenus suisses dans l'âme, et dans le bonheur. Il faisait bon vivre, quand nous étions enfants. À l'époque où le monde ne tournait pas encore à une allure vertigineuse. À une époque où la tragédie ne se passait que sur une scène de bois, et pendant une heure et demie. À une époque où les crimes avaient toujours des criminels, et les coupables pouvaient être arrêtés, et mis derrière des barreaux.

(LA)NATURE- Ensemble de la réalité matérielle considérée comme indépendante de l'activité et de l'histoire humaines.

Le mot clef, là dedans ? Indépendante. (Et oui, je fais mes recherches, moi, quand je raconte quelque chose. Contrairement à tous ces politiciens à trois francs si sous). Et si l'homme a ses lois, et ses punitions lorsqu'elles sont enfreintes ... La nature se trouve au dessus de tout cela. Car il y avait, avant toute autre chose, les lois de la nature. Et ce sont des lois éternelles. Des lois que personne ne pourra jamais réécrire. Malheureusement. Yaëlle et moi avions étudié toute notre enfance dans la même école. Nous n'étions pas dans la même classe, mais ce n'était pas grave : nous étions toujours près l'un de l'autre, et nous le savions. Au collège, on intégra à nouveau des classes différentes, bien qu'une erreur administrative nous avait, au départ, induits dans l'erreur de croire que nous aurions le malheur de devoir partager la même classe. Car autant que j'adorais Yaëlle, nous ne pouvions rien partager, hormis nos bonheurs, nos malheurs, nos secrets, nos parents. Les quatre choses qui nous étaient sacrées. Lorsqu'il en venait aux amis, nous étions trop possessifs. Idem pour les jouets d'enfant, et plus tard, les professeurs. Yaëlle, c'était mon opposé. Et pourtant, sur ce point de là ... Nous étions identiques. Il est intéressant de voir comment deux personnes peuvent se ressembler tout en étant différents. Ma soeur était une personne extraordinaire. Il n'y a aucun doute là dessus. Absolument aucun. Et à moins qu'une personne ne vienne m'accuser d'être la dernière des ordures, je pense pouvoir dire que j'ai moi aussi un bon fond. Un autre point commun qui nous liait intimement.

2004,Phuket,Thaïlande- Il s'agissait alors de simple vacances. De vacances prises afin de pouvoir profiter de l'esprit de famille. Nos parents s'aimaient, éperdument. Et nos parents nous aimaient, plus que tout. Ça, c'était une autre évidence. Mais nos parents travaillaient. Et ils avaient peu de temps à nous accorder. Nous avions alors douze ans, Yaëlle et moi. Nous avions toujours été baignés dans le bonheur. Ce fut la première fois que nous étions allés visiter un pays aussi exotique que la Thailande. Et surtout, aussi lointain de la Suisse. J'étais déjà allé à New York, une fois, avec mon père, pour rencontrer ses parents ; ce fut l'une des rares fois, d'ailleurs, que je voyageai avec Yaëlle. Du moins, jusqu'en 2004. C'était il y a neuf ans.

Passer un noël à la plage. Que demander de mieux ? Une station balnéaire à cinq étoiles, des parents aux ordinateurs et aux téléphones mobiles éteints et précieusement verrouillés dans le coffre fort de notre belle chambre d'hôtel, et le tour était joué, non ? Un séjour des plus sereins, passé à l'étranger, là où personne ne nous connaissait, là où la liberté régnait ... Perdus dans un paradis humain, telles étaient ces premières journées de vacances. Nous jouions, nous riions, nous nagions ... Heureux tels des poissons dans l'eau, jamais nous n'aurions soupçonné que ce tableau idéal pourrait un jour se voir tâché de peinture rouge. Je passais chaque instant de mes journées avec Yaëlle à chercher des coquillages sur la plage ou à faire des expéditions fascinantes dans les mers. Tantôt, j'étais le capitaine et elle, le fidèle mousse. D'autres jours, elle était princesse et moi, serviteur. Nous aimions tous deux le pouvoir, mais nous savions le partager. Encore aujourd'hui, je le maintiens : nous étions un seul et même être. Et sans elle, j'ai perdu toute ma spontanéité.

Il y avait énormément de touristes, en Thaïlande, en ces périodes festives. Mais ce qui pullulait, avant tout, dans les rues de la chaude ville de Phuket, c'était les enfants locaux. Avec Yaëlle, nous parvînmes à communiquer avec eux dans un langage de signes de notre création, étant donné qu'aucun d'eux n'avait été introduits au Français, ni même au Suisse-Allemand, ou, plus surprenant encore, à l'Anglais. Parmi leurs nombres se trouvait Soraya, une petite fille aux grands yeux curieux et au sourire invitant. Soraya à la main douce et au visage serein. Soraya, la fille de deux ans ma cadette, mais que je considérais comme étant mon égale. De jour en jour, je me distançais de Yaëlle, préférant davantage passer mes heures d'aventure aux côtés de cette exotique créature que de mon ennuyeuse et monotone unique soeur. Soraya fut mon premier baiser. Un jour, on jouait, dans une crique, reculée et isolée du reste ... Et puis, j'ai trébuché sur sa jambe, nous entraînant tous les deux dans une chute jusqu'au sable. Et je l'ai embrassée. Ce fut le dernier jour de bonheur. Et ce fut un jour parfait. Le calme avant la tempête. Le haut avant le bas. L'apothéose avant la descente aux enfers.

26.Décembre.2004- Le père Noël était passé, et j'avais eu droit au nouveau jeu qu'il me fallait "impérativement" pour ma console, ainsi qu'à un peu d'argent de poche afin de pouvoir moi-même rayer deux-trois objets de ma liste de nécessités. Ce matin, tout était calme. Tout était silencieux. Seuls les rires joyeux de Yaëlle avaient eu l'audace de défier les cieux, avec leur force, leur vitalité ... Leur dignité. Et les cieux décidèrent de se venger. Nous étions en haut, dans la chambre d'hôtel. Par nous, j'entends évidemment mon père, ma mère et moi. Car pour une fois, Soraya jouait avec ma soeur. Et c'était ses parents qui avaient choisis de les surveiller tandis qu'elles s'amusaient au bord de l'eau. Je faisais, alors, mes bagages. Nous rentrions en Suisse le lendemain. Déçu, attristé, mais surtout, euphorique face aux vacances magnifiques que je venais de passer, je fus incapable de me taire un seul instant.

- Maman ? Pourquoi est-ce qu'on peut pas ramener Soraya, avec nous, en Suisse ?

Oui, elle allait me manquer. Réellement. Et bien que mes parents m'avaient déjà expliqué, à nombreuses reprises le pourquoi du comment, je me devais d'insister, fermement. Je savais que Soraya avait déjà des parents, oui ... Mais égoïstement, je souhaitais ne pas avoir à ne plus jamais la revoir. Car s'il était certain qu'elle ne viendrait pas vivre avec nous, en Suisse, il était également certain que je ne risquais pas de revenir en Thaïlande, et encore moins de retrouver sa trace, de sitôt. C'est alors que je mis le dernier article vestimentaire dans ma valise. Et au moment même où je refermais l'objet, Soraya apparut, de nulle part, dans l'entrée de la porte.

- Bibbo ! Bibbo !

Elle était l'une des seules, avec mes parents et Yaëlle à avoir le droit de m'appeler Bibbo. Tout simplement parce qu'elle avait du mal à prononcer mon premier prénom - Yannick. Car si je suis généralement une personne des plus clémentes, il est hors de question qu'une personne autre que celle de mon entourage proche m'appelle par mon prénom préféré. Il s'agissait là, en effet, d'un privilège accordé à une clientèle des plus exclusives.
Par ses gestes, je compris, éventuellement, qu'elle voulait que je la rejoigne, elle et ma soeur, au bord de mer. Lançant un regard suppliant à ma mère, je n'avais qu'une envie : celle d'ôter mon tee-shirt en coton pour aller courir dans le sable à leurs côtés. Et c'est alors que pour seule réponse, les yeux de ma mère s'ouvrirent et s'écarquillèrent tellement que j'eus l'impression qu'ils allaient avaler tout cru tout ce qu'il y avait dans notre chambre d'hôtel. Suivant son regard, nous regardâmes ce qui se passait par la fenêtre ... Et béat, ma bouche s'ouvrit. Une vague ; une vague gigantesque, venue de nulle part. Une vague qui venait droit sur nous et menaçait de s'abattre sur tous les bâtiments dans les parages.

Et avant même que j'aie pu prononcer un seul mot, mon père nous ordonna de monter sur le toit de l'hôtel, vite fait, et en silence. Et nous obéîmes. Les enfants en premier, ma mère ensuite, et lui pour clôturer notre marche solennelle, nous nous retrouvâmes parmi nombreuses autres familles, couples et individus ayant eu la même idée (ainsi que le temps de mettre en oeuvre) que mon père. Mais nous avions oublié un élément dans l'équation.

- Mais ... où est Yaëlle ? s'écria alors ma mère, perçant le silence qui s'était installé entre nous quatre. Horrifiés, nous nous regardâmes, en silence. Et avant même que nous ayons pu réagir, la vague frappa l'hôtel de plein fouet.
_____________________________________________________________
L'hôtel tint bon, malgré le fracas assourdissant des fenêtres, les cris des personnes présentes, avec nous, sur le toit, ainsi que de celles en train de périr aux étages en dessous, et la secousse que la vague nous avait prodiguée. Et bien qu'il n'était dorénavant plus habitable ; bien que je ne reverrais plus jamais les affaires que j'avais emporté avec moi lors de ce voyage ni mes cadeaux de Noël, ni même mon argent de poche supplémentaire ... Les fondements du bâtiment avaient survécu et nous étions sauf. Il fallut cependant attendre les secours régionaux avant de pouvoir redescendre, étant donné que les escaliers du bâtiment avaient été détruits dans l'impact. Prisonniers sur ce toit, ma mère resta dans les bras de mon père durant les six heures d'attente que nous avions à subir jusqu'à notre sauvetage. Et Soraya resté dans les miens.

Finalement, nous redescendîmes. Et nous fûmes transportés en sécurité. Et si Yaëlle n'avait pas été avec nous lors de l'apparition du Tsunami, elle ne fut, par la suite, jamais retrouvée. Malgré tout l'argent que mes parents avaient versé dans ses enquêtes, tout le temps qu'ils avaient consacré à sa recherche, ainsi que toutes les prières que ma mère avaient effectuées pour que le seigneur protège son unique fille ... Leurs efforts restèrent vains. Ils avaient espéré que les parents de Sora avaient eu assez de présence d'esprit pour la transporter en lieu sûr avant l'impact ... Mais la trouvaille de leurs corps, pratiquement méconnaissables, pas moins de cent heures après la catastrophe naturelle, blanchit de leurs esprits tous espoirs de revoir Yaëlle un jour. Bien que son corps ne fut jamais retrouvé. Ma soeur était dorénavant portée disparue, mon amie, rendue orpheline. Et mes parents, tristes. D'un commun accord, je parvins éventuellement à leur donner en tête l'idée d'adopter Soraya, étant donné que le gouvernment Thaïlandais n'était pas parvenu à identifier des membres de sa famille encore survivants, suite au Tsunami. Et si j'avais ressenti des sentiments quelque peu romantiques à son égard du temps de notre rencontre, le raz de marée avait contribué à créer un lien plus fort et unique que n'importe quel lien amoureux ; un lien fraternel (presque) au même titre que la relation unique que je possédai, jusqu'à lors, avec ma seule et unique soeur jumelle.

Soraya devint ma petite soeur par adoption.

Nous retournâmes en Suisse. Je poursuivis mes études, le coeur lacéré par la perte douloureuse et symbolique de ma soeur. Plus jamais ... Plus jamais ne verrais-je son sourire. Plus jamais ne l'entendrais-je rire. J'en ai pleuré, longuement, chaque soir, pendant trois bons mois ; inconnue à moi étant la notion que Soraya, dans la chambre d'à côté, entendait la vocalisation de ma tristesse à cette fréquence alarmante. Elle ne parlait pas un seul mot d'anglais, ni de français. Ni de suisse-allemand. Hormis "Hello", "Good bye" et "Bibbo", son vocabulaire était exclusivement thaïlandais, à son plus grand dam. J'aurais pu lui en vouloir, pour la mort de Yaëlle, si j'avais réellement cherché un coupable. Mais pour moi, ce jour là, le seul coupable avait été dieu. Il avait été jaloux de Yaëlle, et il l'avait punie. Éradiquée de la carte. C'était aussi simple que cela. Car si elle n'avait alors que douze ans ... Elle était extraordinaire. Une déesse à part entière. Elle savait toujours quoi dire, quoi faire, comment agir, et ne faisait jamais d'erreurs. C'était Yaëlle. Et si Sora lui ressemblait en de nombreux points, elle était toutefois plus douce et moins téméraire que mon soleil ; mon autre moitié. C'était comme si j'étais la lune, Yaëlle, le soleil, et Sora, telle le fruit de notre union, en était devenue les étoiles. Égoïstement, j'avais abandonné ma soeur afin de m'amuser avec Sora. Égoïstement, j'avais souhaité qu'elle puisse rentrer avec moi. Et il fallut que Yaëlle et les parents de Sora paient le prix de leurs vies pour que mon voeu se concrétise.

Au départ, j'avais peur d'elle. Dans l'avion de retour, je ne lui avais point adressé la parole. Et si, conscient du fait qu'elle n'avait eu aucun rôle à jouer dans cet accident, hormis celui de sa propre survie, je me refusais de communiquer avec elle, je pris rapidement pitié de son isolement infligé par les cieux, ainsi que de la solitude et du dépaysement dans lequel elle semblait vivre. Mon monde intérieur s'était brisé, ma moitié, disparue. Son univers à elle s'était fracassé, tout ce qu'elle avait jamais connu dans sa vie, envolé. Si on jouait au concours de larmes, elle l'aurait gagné, haut les mains. Et je n'avais aucun droit d'ignorer sa douleur ni de ne pas lui tendre la main à travers cette période difficile.

Très vite, nous devînmes très proches. Inséparables, même. Elle ne sera jamais Yaëlle. C'est Sora. Deux choses similaires, mais différentes. Deux choses que j'aime plus que tout au monde, bien que l'une m'ait été ôtée avant l'heure. Et c'est dans cette optique que je me suis promis de ne jamais laisser qui ni quoi que ce soit me séparer de Sora. Elle était devenue ma nouvelle raison d'être. Mon nouvel astre. La nouvelle femme de ma vie (dans un sens purement platonique, bien sûr).

Si nous nous adaptâmes, tous deux, à cette nouvelle vie, elle sans ses parents, ses amis ni tout ce qu'elle avait connu auparavant, moi sans ma soeur adorée, ce ne fut pas chose aussi aisée pour mes parents ... Tant et si bien qu'un an après nos fâcheuses vacances de Noël, mon père et ma mère avaient divorcés. Et avec Sora, nous étions partis vivre à New York. Je n'en pouvais plus, de la Suisse. Depuis que Yaëlle était partie, j'y suffoquais. Ce n'était plus "chez moi". Et les souvenirs, tous les souvenirs que j'en avais, me hantaient, la nuit. Ils me respiraient dans le cou, soufflaient dans mes oreilles, et caressaient mes visages. Ces souvenirs me détruisaient, petit à petit, et, sautant à la première opportunité d'évasion, je décidai d'accompagner mon père pour sa ville natale. J'ai nommé New York. Évidemment, Sora m'a suivi. Où elle allait, j'allais. Où j'allais, elle allait. C'était un accord silencieux que nous avions fait. Une sorte de pacte de regards. Si son français était nettement mieux qu'à son arrivée, son anglais laissait grandement à désirer. Et à nouveau, je pris sur moi la charge de l'aider à s'améliorer.

J'avais alors treize ans.

La ville symbolique même du rêve américain fut un véritable bol d'air pour moi, petit suisse n'ayant jamais connu autre chose que Fribourg et d'autres grandes villes en Europe (ainsi que Phuket), et je m'y découvris, entre autres, une réelle passion pour le football, les fêtes, le sexe et le rêve américain. "L'on peut être ce que l'on veut si on le veut assez fort". Telle était la devise du pays, telle était celle que nous avions adopté, moi et Sora, si rapidement. Plongé dans un univers nouveau, je m'essayai au filles ... Puis aux garçons. Puis aux deux en même temps. Je découvris un monde nouveau de fêtes, d'alcool, de tabac, et tout ce, à l'âge de quinze ans. À seize ans, je participai à mon premier ménage à trois. Rajoutez six mois à cela, et vous avez la date de mon premier plan à cinq. Après les clopes vinrent les cigares, cubains, évidemment. Puis, les joints. Un petit peu de marijuana par ci, ça n'a jamais fait de mal à personne, si ? Ce n'est qu'à l'âge de dix-sept ans que je m'essayai, pour la première fois, à l'Ecstasy. Et passé ce cap, j'avais complètement délaissé Sora.

M'ayant pris de côté, un soir, après les cours, elle me confronta.

- Bibbo, sois honnête avec moi : qu'est-ce que je t'ai fait ? Ça fait des mois que tu ne m'adresses plus la parole ... C'est à peine si j'existe encore, pour toi, et j'ai de la chance s'il t'arrive de daigner me regarder. Ton regard est sombre et froid. Tes paroles, tranchantes comme de la glace. Que t'es-t-il arrivé, mon Bibbo ? Qu'est devenu mon héros ?

J'aurais pu m'énerver. Dieu seul savait que toutes les merdes que je consommais à l'époque auraient justifié un excès de colère qui n'est pourtant pas dans ma nature. Et pourtant, je ne savais m'énerver contre Sora. Dans ma quête d'euphorie et de nouveauté, je l'avais abandonnée. Et bien que détruire ma propre santé ne me dérangeait pas pour le moins du monde, il était absolument hors de question que je l'entraîne dans ma vie de dépravation et de soirées sans lendemain. Elle était pure. Elle était parfaite. Et pour elle, je cédai à ma vie. Elle avait eu la chance de me parler avant que je n'aille trop loin. N'ayant pas encore atteint le point de non retour, je fis demi-tour. Redoublant en efforts, je me jurai d'être là, pour elle, coûte que coûte. Et par ma faute, elle ne connut pas le toucher d'un homme, pas un seul (ou du moins, c'est ce que je me plaisais à penser, à l'époque) jusqu'à ses dix-huit ans. Son premier réel baiser depuis moi fut lors de sa dix-huitième année de vie. Et je crois qu'au fond, elle m'en veut encore un peu, pour ça, si on creuse bien ...

Nous revîmes notre mère à toutes les vacances scolaires. Petit à petit, Sora devint une réelle soeur pour moi. J'en oubliais presque qu'elle avait été adoptée si ses yeux bridés et son teint coloré n'étaient pas là pour me le rappeler. J'eus peur, à mon intégration à UCLA, qu'elle se sente déstabilisée et abandonnée. C'est à cet effectif que je la convaincus de me rejoindre, une fois sa majorité obtenue et ses SAT en poche.
Je suis Bibbo Hobbs. J'ai perdu une soeur au profit du gain d'une autre. J'ai abandonné un parent afin de pouvoir me trouver, moi, le véritable moi. Et à ce jour, je le cherche encore. J'ai tenté la voie la plus sage, la voie la plus dépravée, la voie la plus neutre, et je ne vois plus ce que je pourrais faire d'autre. Pourriez-vous me dire ou chercher ? Venez. On n'a qu'à chercher ensemble. Direction ? Le futur. C'est un bel endroit, je vous le promets. Enfin, non. Je n'en sais rien. Mais ce sera largement plus intéressant que de rester coincé ici, non ?

Behind the character.
better drink my own piss
PRÉNOM : asdfghjkl. PSEUDO : asdfghjkl. ÂGE : 123 ans. PRÉSENCE : tous les jours. NIVEAU RP : 0/20, aha. OÙ AVEZ-VOUS TROUVÉ LE FORUM ? sur une toile d'araignée. COMMENT LE TROUVEZ-VOUS ? magnifique. CONFRÉRIE SOUHAITÉE : delta thêta. POSTE VACANT OU PERSONNAGE INVENTÉ ? (si PV, mettre le lien menant au poste vacant ; idem avec les scénarios) : inventé. VOTRE PLUS GRANDE PEUR VIS-À-VIS DE FRATERNITIES : aucune. UN DERNIER MOT ♥ ? j'aime les chips et le forum gère. :excited:
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dc-marvel-rpg.forumactif.com
 

BIBBO HOBBS ∞ originality is an underestimate of perfection.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Russell Hobbs
» russel hobbs
» [Fadoo & Vlex] Originality
» L'assassin Royal (Robin Hobb)
» Hornblower - 1998 à 2003 - Andrew Grieve

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
They Coined It :: Don't Try To Run Away From The Flood :: Banque de persos RP de Feu Ardent-