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 S. EATON ♺ simply hopeless, no more dreams.

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MessageSujet: S. EATON ♺ simply hopeless, no more dreams.   Lun 29 Déc - 8:08


notes : parents divorcés, riches. enfant gâté. pistonné jusqu'à Hollywood. A connu son heure de gloire. Riche, gâté, adulé, il brisait les coeurs, enchainant les rencontres. Lorsqu'il a cherché à se lancer dans l'écriture, ses amis lui ont tous fait croire qu'il avait une plume magique - ils lui mentaient tous. Il a épousé l'actrice avec laquelle il tournait son plus gros film pour la publicité de celui-ci, mais a fini par tomber amoureux d'elle. Le film a fait un flop, leur relation n'avait donc plus de raison d'être car il n'y aurait pas de suite au film et il a accepté de divorcer, préférant cacher ses véritables sentiments que de paraître faible. Il n'est jamais retombé amoureux depuis.
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MessageSujet: Re: S. EATON ♺ simply hopeless, no more dreams.   Lun 29 Déc - 8:09


FROM @PATRICKDEMPSEY.COM / CELEBRITE @PATRICK DEMPSEY

eaton, stanley john
i said i didn't love you, i lied.


NOM COMPLET - Stanley John Eaton. SURNOM - Stan. ÂGE ET LIEU DE NAISSANCE - 44 ans, Chicago, États-Unis. MÉTIER/ÉTUDES - Ancien acteur de cinéma ayant quitté le milieu dix ans plus tôt afin de se lancer dans une carrière d'écriture. Cette carrière n'a jamais réellement marché, et maintenant, voilà qu'il recherche un emploi, désespérément. Le grand écran ne veut plus de lui, de par son âge, et plus le temps passe, plus il se fait vieux. Ce qu'il lui faut, c'est un miracle et il le sait. En attendant, Eaton se contentera du chômage. STATUT CIVIL - Divorcé. TRAITS DE CARACTÈRE - narcissique, ambitieux, autoritaire, exigeant, capricieux, charmeur, souriant, généreux. AIME - Soi même, parler de lui, la musique classique, peu d'autres choses de réellement intéressantes. DETESTE -  entendre les autres parler d'eux mêmes, qu'on lui mente. Les échecs, également (le jeu mais également les échecs au sens de "pertes". Peut être que le fait qu'il perde sans cesse aux échecs joue dans son aversion pour le jeu, d'ailleurs). GROUPE -  dreamers.

La série Wildest Dreams c'est :
Une bénédiction pour la ville.
Une véritable plaie.
Ça n'a pas changé grand chose à ma vie.
La représentation de l'American Dream.

Tu regardes ?
Je ne loupe pas un épisode.
Je regarde quand je tombe dessus.
Je ne regarde jamais, je déteste.
Je ne sais pas vraiment de quoi ça parle.

Durham pour toi c'est ?
La ville de mon enfance.
Mon lieu de travail.
Une ville sympa.
Un trou à rats.


PSEUDO/PRENOM - Feu Ardent/Ferdinand. AGE - 18 piges. OU AVEZ-VOUS CONNU LE FORUM? - bazzart. VOTRE AVIS - Le design est sympa, le contexte aussi. Si l'intégration est sympa aussi, tout sera parfait ! FRÉQUENCE DE CONNEXION - 3/7, je pense, cela dépendra de mes obligations IRL. DERNIERS MOTS - je vais essayer d'intégrer un vieux. J'ai foi en moi. POUR LE BOTTIN
Code:
[b]Patrick Dempsey[/b] ~ Stanley Eaton



Dernière édition par Feu Ardent le Lun 29 Déc - 8:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: S. EATON ♺ simply hopeless, no more dreams.   Lun 29 Déc - 8:09


FROM @PATRICKDEMPSEY.COM

this is my script

- Stan, chéri, écoute moi ... Je crois qu'il est temps qu'on discute, tu ne crois pas ?

Reposant lentement l'assiette qu'il avait entre les mains à ce moment là, Eaton ne se retourna cependant pas. Le dos tourné à sa mère, dans le confort de cette cuisine péniblement typique des maisons britanniques modernes, il n'osait pas affronter de face le regard clair et limpide de sa génitrice : nombreux étaient ceux qui avaient déclaré que Moira Wells avait un regard froid à vous en glacer les veines et si cela faisait plus de quarante-quatre ans qu'elle l'avait mis au monde, il ne serait jamais de ceux qui démentiraient cette affirmation, bien au contraire. Face à son silence, cependant, celle-ci ne découragea pas, se contentant de continuer à lui énoncer le fond de sa pensée comme si elle aussi ne le craignait pas. Et pourtant, elle le craignait, oui, et plus qu'il ne le savait. Elle craignait qu'il ne se retrouve blessé par ce qu'elle avait à lui dire, ou, pire encore, gêné, voire, même, humilié. Elle craignait qu'il s'énerve, qu'il perde son calme et qu'éventuellement, cela le ferait claquer la porte derrière lui. Elle craignait qu'elle le perdrait, qu'il ne reviendrait plus. Malgré tout, leur situation actuelle était ridicule, et ça aussi, elle en était consciente. Oui, en tant que bonne mère se respectant, Moira devait faire quelque chose, il le fallait ... Et tant pis si son fils ne comprendrait pas. Tant pis s'il ne le lui pardonnerait pas. Son bonheur et son succès lui importait bien plus que leur relation à eux. Alors il fallait qu'elle le pousse à nouveau, comme elle l'avait fait, tant d'années auparavant ... Et s'il y avait bien quelqu'un qui savait convaincre les gens qu'elle avait raison, c'était Moira. Ce n'était pas pour rien qu'elle avait été l'une des avocates les plus réputées du pays, il fut un temps ... Et si cela faisait un bon moment qu'elle s'était décidé à prendre sa retraite, elle n'en avait pas pour autant perdu ses qualités d'oratrice, au contraire.

- Écoute ... Ça fait un an que ton agent n'a pas rappelé ... Et cinq ans que ton manuscrit n'a toujours pas été accepté par un éditeur et ... Jerry est venu aujourd'hui et on a bien discuté et ... Il m'a dit qu'il aurait bien besoin d'aide, au café ... Alors je me suis dit qu'il serait ... Qu'il serait peut être temps que tu te trouves du travail, n'importe lequel. La paye est pas si mauvaise que cela et cela te permettrait peut être de remettre un peu d'ordre dans ta vie, je …

Silence. Découragée, elle ne savait pas quoi dire de plus à l'homme qui lui tournait toujours le dos mais qui semblait à présent affaibli, presque abattu par ce qu'elle venait de lui annoncer. Les bras légèrement pliés, il s'en servait comme supports contre le lavabo afin de ne pas perdre complètement l'équilibre. Cette conversation, il savait qu'il aurait à l'avoir, un jour. Il savait au fond de lui même que c'était inévitable. Et pourtant, il espérait autant qu'il la redoutait que ce jour serait lointain. Malheureusement pour lui, c'était bel et bien ce jour là que sa mère avait choisi afin de discuter avec lui et c'était bel et bien ce jour là qu'Eaton serait enfin obligé de répondre à ses questions, d'une façon ou d'une autre.

- Maman, tu sais très bien que je cherche ...

- Mais pas de la bonne façon !

Moira perdit contrôle de son intonation en prononçant ces derniers mots. Sa voix haussa d'un ton légèrement tandis que ses mains, elles, se mirent à trembler violemment. Récemment, elle avait développé une condition qui la poussait à être prise de frissons lorsque sa passion obtenait le meilleur d'elle. Du coin de l'oeil, Eaton vit bien qu'elle était secouée par ses émotions. La fatigue, le stress et la déception se battaient en elle, l'empêchant de rester calme et composée face à son fils qui, à ses yeux, n'était pas la moitié de l'homme qu'il aurait dû être. Et si rien ne pourrait l'empêcher de l'aimer comme seule une mère peut aimer son enfant, si rien ne pourrait la pousser à arrêter de lui offrir son aide lorsqu'il aurait besoin d'elle ... Sa vie à l'heure actuelle n'était pas la vie que Moira avait souhaitée pour lui et voir tout son potentiel ainsi gaspillé lui fendait le coeur en deux. Littéralement. (Enfin, non, mais ...) Croisant ses bras contre sa poitrine afin de reprendre, ne serait-ce que partiellement, contrôle de son corps, c'est d'une voix légèrement plus calme, bien que toujours secouée qu'elle se remit à parler.

- Quand ton père a perdu son travail, ça lui a fait un choc, c'est vrai ... Mais après cela, il s'est démené pour en trouver un autre, coûte que coûte. Il réparait les tuyaux chez les voisins, ou alors il jetait un coup d'oeil à leurs voitures lorsqu'elles tombaient en panne ... Il faisait quelque chose, Stan. N'importe quoi, tant que cela lui permettait de payer les factures ! Quand est-ce que tu as travaillé pour la dernière fois ? Est-ce que tu t'en souviens, au moins ?

Elle, elle s'en souvenait, en tous les cas. Comme s'il s'agissait de la veille. Si l'on oubliait la fois où il avait publié cet article sur le cinéma Hollywoodien dans le journal local, quelques mois auparavant, cela devait bien faire dix années qu'Eaton n'avait pas travaillé, ça, elle en était persuadée. Il avait fait ce grand discours face aux caméras, sur tous les écrans du pays, puis, il avait fait ses adieux au monde du cinéma afin de se lancer dans une carrière qui l'interpellait davantage. "Une carrière qui me permettra de m'épanouir en tant qu'artiste, mais également en tant qu'être humain. J'ai un univers en moi que j'ai besoin d'exprimer, un univers qui doit trouver sa place dans les pages d'un livre. Est-ce que je reviendrai un jour au cinéma ? Qui sait ? Peut être bien que oui. Peut être bien que non. En attendant, je ne peux que vous dire que j'ai hâte de sortir le premier volume de Hollywood Summers, avec un peu de chance on se reverra pour en reparler d'ici quelques mois." Tels avaient étés les mots qu'Eaton avait décrété devant la presse, les médias et toutes les personnes affluentes du milieu. Tel avait été son voeu. Et ainsi, il s'était converti, d'acteur à écrivain. Malheureusement, ce qu'il avait comme bonne volonté lui manquait comme motivation ; le peu d'originalité qu'il possédait était compensé par l'absence complète de talent prosaïque dont il faisait preuve. Évidemment, tous ses amis pensaient qu'il écrivait merveilleusement bien, et tous ne s'étaient pas gardés de le lui faire savoir. "En toute sincérité”. Ce fut donc dans la surprise des plus totales qu'Eaton reçut une réponse défavorable de la part du premier éditeur auquel il avait envoyé un manuscrit de son récit - les refus s'accumulèrent jusqu'au jour où il se rendit compte que son roman ne verrait malheureusement (ou heureusement, selon les points de vue) jamais la lueur du jour. Alors, ce fut avec désespoir qu'il se mit à chercher à percer à nouveau sur le grand écran - hélas, sans grand succès. Enchaînant casting après casting, Eaton se vit battu par de nouveaux acteurs, tous plus jeunes et étincelants les uns que les autres. Lui qui se croyait autrefois si monumental et important dans l'histoire du cinéma s'était bien fait avoir par le sort et le destin. Les seuls rôles qui lui plaisaient, il ne les décrochaient jamais. Les seuls rôles qu'il décrochait, eux, ne lui plaisaient jamais. Eaton ne voulait pas apparaître dans un film deux minutes avant la fin de celui-ci afin de se faire tragiquement assassiner par les robots-sauterelles. Il ne désirait pas, non plus, figurer en tant que père dans le dernier volet de Saw, condamné à mourir pour ses crimes dès les premières minutes du film. Le pire de tous, cependant, fut le rôle que son agent lui avait finalement proposé, environ une année plus tôt : il s'agissait de figurer en tant "qu'homme mature" dans une publicité pour des produits de soins pour jointures. Cette proposition lui apparut davantage comme une insulte qu'un affront, et c'est avec passion (et peut être trop de jurons) qu'il refusa donc l'offre de son imprésario. "Et ne me rappelle pas tant que tu n'as pas des rôles qui en vaillent la peine à me proposer, bordel !" avait-il hurlé dans le combiné tandis que sa mère, déconcertée, n'osait pas rentrer dans la salle avec son plateau de biscuits sortant droit du four.

Oui, la vie n'avait pas souri à Eaton, c'était sûr et certain - et si certains seraient assez impudents pour oser mettre cela sur le dos de son divorce, d'autres se contenteront, eux, de vous dire qu'il n'a malheureusement pas fait les bons choix au bon moment. Si vous voulez sa version des faits, cela dit, vous devriez rentrer déçus : en effet, il avait appris à ne rien dire en l'absence de son avocat, et ce n'était pas quelque chose qui avait vraiment changé, avec les années. En l'occurrence, il aurait bien aimé bien que son avocat soit à ses côtés parce qu'il était convaincu qu'il n'avait aucune obligation à répondre aux questions de sa mère, ni maintenant, ni jamais. Malheureusement, son avocat avait cessé d'être là à partir du moment où il n'avait plus les moyens de payer ses honoraires ... Et voilà donc qu'Eaton se retrouvait seul face aux inquisitions de sa génitrice. Pour le coup, il se dit qu'il aurait préféré être un sans-abri plutôt que d'avoir à braver ses questions. Au moins, il vivrait son échec directement, de cette façon là : il n'aurait pas eu besoin qu'on le lui rabâche en plein visage tandis qu'il faisait la vaisselle comme si de rien n’était. Il doit probablement être la première personne à avoir trouvé un côté avantageux à l'idée d'être sans-domicile, il en était bien conscient, et c'est ce genre de pensées qui l'inquiétait, légèrement. Pour en revenir au sujet, cela dit … Il était confus, ne sachant pas réellement quoi répondre ni faire. Peut être que sa mère avait eu raison, après tout : peut être qu'il n'aurait jamais dû arrêter cette thérapie. L'avait-il encore, le numéro de cette psychothérapeute ? Oui, il lui semblait bien qu'il ne l'avait pas encore supprimée de ses contacts ... Il lui donnerait peut être un coup de fil, une fois cette conversation terminée.

- Tu crois que je ne sais pas que je suis un raté ? Que je ne sers à rien ? Tu crois que je ne sais pas de quoi vous parlez, Charlie et toi, quand j'ai le dos tourné ? "Notre vie serait tellement mieux si ton fils de quarante-quatre ans n'avait pas raté la sienne !" Tu crois que je ne sais pas que tu penses secrètement que ta vie serait tellement plus facile si je n'étais jamais revenu ici ?

Charlie, c’était le beau-père d'Eaton. Il avait épousé Moira quelques années après son divorce et n'avait jamais eu d'yeux pour une autre femme qu'elle depuis ce jour là. Charlie, c'était un homme âgé de dix-années de moins que la mère d'Eaton. À l'époque, c'était quelque chose qui l'avait particulièrement offusqué. À présent, cela dit, il ne le remarquait même plus : cet homme fait partie de la vie de sa mère depuis tellement longtemps qu'Eaton serait incapable d'imaginer la vie de celle-ci sans Charlie à ses côtés ... Et ce n'était pas une mauvaise chose, en soit. Le seul soucis, dans tout cela, c'était probablement que Charlie ne supportait pas Eaton. Ou plutôt, qu'il ne supportait plus le fait que le fils de quarante-quatre ans de sa femme vivait sous leur toit. Eaton comprenait, la plupart du temps. Ils en avaient longuement discuté, tous les deux, d'ailleurs, la nuit, lorsque Moira dormait. Ils avaient convenu que la situation d'Eaton était délicate, certes … Mais également, qu'elle serait temporaire. Eaton avait promis à Charlie qu'il partirait aussi rapidement que possible afin de ne pas perturber l'équilibre de leur routine quotidienne. La dernière fois qu'ils avaient eu une conversation de leur sorte, c'était il y a bien deux ans.

Mais revenons-en à l’altercation de la cuisine, si vous le voulez-bien. Moira semblait tout simplement horrifiée. La bouche béate, les yeux grands écarquillés, le choc qu'elle ressentit face aux paroles de son fils était indubitable.

- Enfin, Stan, je ne pourrais jamais penser que ...

Bouleversée, ses lèvres commencèrent alors à trembler, et c’était maintenant qu’il était trop tard qu’Eaton se mit enfin à comprendre qu’il avait fait un faux-pas. Et quel faux-pas. Se laissant retomber contre une chaise, voilà que Moira enterre son visage dans le creux de sa main. Quelques instants plus tard, son corps fut possédé par les frissons, tandis que ses sanglots emplirent la pièce, emplissant par la même occasion Eaton d'un sentiment de culpabilité. Avant même qu'elle ne se soit assise, il avait compris qu'il l'avait vexée et pour cela, il s’en voulait énormément.

- Maman, je ... Je suis désolé, je ne sais pas ce qui m'a pris, je ne pensais pas ce que j'ai dit, je ...

Mais cela ne faisait rien.

De plus, il savait très bien ce qui l'avait pris : il s'agissait là de ce qui le prenait à chaque fois qu'il se mettait hors de lui. Il était empli d'amertume. Eaton le savait. Il ne pouvait pas l'empêcher, cependant, si sa vie n'avait pas tourné de la façon qu'il l'avait espéré. Il n'avait pas pu empêcher à ses parents de divorcer, lorsqu'il n'était encore qu'un enfant. Il n'avait pas pu empêcher la femme qu'il aimait de signer ces papiers afin qu'ils soient divorcés et séparés pour toujours ... Il n'avait pas pu empêcher ces éditeurs de refuser son manuscrit. Toute sa vie, Eaton avait été victime. Du hasard. Du sort. Du destin. Faible, il n'avait jamais été capable d'influencer le cours des choses afin que le destin ne lui sourisse. Il n'était pas devenu célèbre par ses propres moyens, après tout : il avait été pistonné par une amie de sa mère, il le savait pertinemment bien, ça aussi ... Et s'il ne l'a jamais admis à voix haute, nombreux étaient ceux qui le savaient aussi. Sa mère, pour commencer ... Et la plupart des gens ayant travaillé avec lui sur le tournage de son premier film. Charlie avait raison : il avait raté sa vie ... Mais il le savait déjà, et n'avait pas besoin qu'on le lui rappelle perpétuellement. À quoi s'attendaient-ils, après tout ? Qu'il enferme ses cheveux sous un bonnet de douche et qu'il noue un tablier autour de sa taille afin de travailler en tant que serveur dans le café du coin ? Il avait plus d'ambition que cela, ses "parents" devraient le savoir, quand même ! Et pourtant, il fallait se rendre à l'évidence : personne ne voulait embaucher un quadragénaire n'ayant aucune autre expérience qu'Hollywood à vanter sur leur curriculum vitae : même Hollywood ne voulait plus de lui. Cela avait probablement été le coup de grâce dans une longue lignée de défaites. Lorsqu'il avait dix-huit ans, il avait décidé de ne pas aller à l'Université parce que Cece lui avait promis un brillant avenir, une carrière stellaire et un succès incommensurable. Pendant des années, ses prédictions s'étaient avérées probables ... Puis, Eaton avait décidé de tout gâcher en se lançant dans une nouvelle carrière, un choix qu'aucune personne saine d'esprit ne lui aurait recommandé. Évidemment, aucune personne de ce type là ne faisait partie de son entourage, à cette époque de sa vie. Autour de lui, il n'y avait que des hypocrites, tous plus obsédés par la célébrité et la gloire que par les relations qui les nouaient tous les uns aux autres. Ils avaient tous encouragés Eaton dans l'élaboration de son roman ... Mais une fois qu'il avait quitté la scène, c'était comme s'il n'y avait jamais figuré en premier lieu : tous les contacts qu'ils s'y étaient fait lui avaient tourné le dos, comme cela. Comme s'il n'existait même plus. Quelle humiliation ! Heureusement qu'il allait se mettre en tête des journaux avec son nouveau roman ! Ou tout du moins, c'était ce qu'il s'était mis en tête, à l'époque, jusqu'à ce qu'il ne se rende compte que son roman ne fonctionnerait pas.

Et n'oublions pas Kate. La belle, douce, tendre et séduisante Kate. Ils s'étaient rencontrés sur le tournage d'un de leurs films, ensemble. "Broken dreams", il s'appelait. Ce film était basé sur un roman, qui, lui, était basé sur une histoire vraie ... Et si tout se passait bien, ce film était également censé être celui qui lancerait réellement les carrières des deux acteurs. Si tout se passait bien, le film aurait non pas une ni deux suites, mais bel et bien trois autres films reliés, tous trois comportants Eaton et Kate dans des rôles relativement importants. Évidemment, il avait fallu que les deux feignent une relation, tant et si bien que leurs agents respectifs les avaient poussés au mariage afin de garantir une bonne publicité pour le film. Évidemment, il avait fallu que celui-ci ne plaise ni au public, ni aux critiques ... Et ainsi, "Broken dreams" fut relégué au statut d'échec cinématographique, abandonnant Kate et Eaton dans un mariage qui n'avait jamais eu lieu d'être au départ. Si Kate semblait plus que déterminée à passer à la prochaine étape de sa vie, cela dit, Eaton s'était épris de l'actrice comme tous les autres mortels ayant un jour croisé son chemin finissaient inévitablement par s'éprendre d'elle. Ce fut par fierté, et uniquement par fierté qu'il lui accorda le divorce sans jamais lui avouer le moindre de ses sentiments - parce qu'Eaton savait que jamais Kate ne pourrait aimer l'homme qu'il était. C'était une tigresse, une battante, une véritable femme d'affaires ... Et lui n'était qu'un rêveur optimiste avec une folie des grandeurs jamais égalée auparavant sur terre. Une relation entre eux deux n'aurait jamais pu fonctionner, à long terme. Tout le monde le savait.

Tous ces échecs étaient ce qui avait poussé Eaton à faire appel à sa mère, malgré lui. Les huissiers étaient en train de saisir son lit lorsqu'il fit le coup de fil qu'il aurait espéré ne jamais avoir à faire. Il n'essaya même pas de prendre contact avec son père, sachant pertinemment que depuis que celui-ci avait perdu son emploi en tant qu'hommes d'affaires, il n'avait jamais réellement su rebondir correctement. Ainsi, il s'était tourné vers la seule personne qui avait toujours été là pour lui et qui avait suffisamment de ressources pour lui venir en aide ... Et depuis ce jour, voilà qu'il n'a pas quitté la maison de Moira. Il a quitté cette Amérique qu'il aimait tant afin de s'installer en Angleterre, un pays qui ne l'avait jamais attiré plus que cela et auquel il n'avait jamais réellement su s'adapter. Et si, initialement, la cohabitation s'était faite rapidement et sans trop de problèmes, petit à petit, la présence d'Eaton chez Moira avait commencé à compliquer sa relation avec Charlie. À un moment, pas un jour ne passait sans que ceux-ci ne se disputent ... Et évidemment, ils se disputaient à cause d'Eaton. Et puis, il y avait Claire. Claire, la demi-soeur d'Eaton. Claire, la fille parfaite de Moira, qui suivait les voeux de ses parents en se lançant, elle aussi, dans une brillante carrière en droit. Claire, la femme de vingt-huit ans qui avait un brillant avenir devant elle et qui le savait. Comment pouvait-elle respecter un quadragénaire sans emploi lorsqu'elle même avait les moyens de payer son propre loyer depuis plusieurs années déjà ? Autrefois, lorsque Claire était encore jeune, il s'occupait d'elle, parfois ; la gardait lorsque Moira et Charlie sortaient faire une virée en amoureux. À présent, Claire ne voulait même pas lui accorder le moindre regard sympathisant. En ce qui la concernait, il n'avait pas sa place dans leurs vies, à elle et à ses parents. Eaton était l'intrus, le mouton noir, et si ses parents à elle étaient bien trop polis pour lui faire comprendre que sa présence les mettait dans l'embarras, elle n'avait pas peur de le lui faire comprendre. Et il le comprenait très bien, elle s'en était assurée.

Face aux sanglots de sa mère, Eaton était cependant désemparé. Il ne savait pas quoi lui dire d'autre, à part qu'elle avait raison. Il avait râté sa vie, il en était conscient. Cela faisait plusieurs années qu'il en était conscient, d'ailleurs. Malheureusement, il ne savait pas quoi faire, ni comment. Il lui semblait impensable de se réduire au besoin de travailler en tant que simple serveur dans un café ... Ou encore, en tant que postier. Il avait été fait pour des choses plus grandes que cela, il avait de l'ambition, on le lui avait toujours dit ! ... Et pourtant, son ambition ne l'emmènerait pas loin s'il n'avait personne pour l'aiguiller. C'est après avoir longuement réfléchi qu'il se mit à soupirer. Puis, il parla à nouveau, d'une voix dépitée et décourage.

- D'accord. J'appellerai Jerry demain, promis.

Son coeur sombra au fond de sa cage thoracique tandis qu'il se rendit compte que si Jerry venait à l'embaucher, il serait réduit au rôle de serveur dans un café. Lui qui, autrefois, se moquait ouvertement de ces garçons sans ambition incapables de trouver une vocation plus prestigieuse que celle là. Quelle humiliation. Il ne s'en remettrait jamais. Quittant alors la cuisine, y abandonnant une Moira sanglotante afin qu'elle puisse retrouver ses esprits loin de lui, Eaton se dirigea jusqu'au salon où Charlie regardait quelque chose à la télé.

- Qu'est-ce-que c'est ?

Demanda-t-il curieusement en rentrant dans la salle.

- Oh, rien. Une de ces nouvelles débilités que regardent tous les jeunes de la ville ... Je n'arrive pas à croire qu'ils ont osé emmener ces idioties dans notre ville ...

Se posant alors à ses côtés sur le canapé, Eaton contempla l'écran en silence, le regard fixé avec attention sur les visages des personnages du premier épisode de Wildest Dreams.
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