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 Blue jay. .....

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Feuille de Superheros/Supervillain - Mutant
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Jauge de vie du Superheros/Supervillain - Mutant:
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MessageSujet: Blue jay. .....   Lun 7 Mar - 2:34


Jay Harper

The shallower it grows
The fainter we go
Into the fade out line

Informations personnage


Nom : Harper
Prénoms : Jay
Date et lieu de naissance : 15 mars, Caroline du Sud.
Age : 24.
Nationalité : Américain.
Origines : Américain. En d'autres mots: un peu de tout, un peu de partout.
Orientation sexuelle : Non-applicable.
Statut civil : Célibataire.
Vie sexuelle :  Non-applicable.
Statut social : Pauvre-moyen.
Profession(s) : Vendeur dans une librairie.
Diplôme(s) : Aucun, étant parti de chez lui avant d'avoir pu passer les SAT.
Année de fin d'études : 2008-2009.
Quartier de résidence : Staten Island.
Type de logement : Studio minuscule.
Avec qui vis-tu ? : Seul.
Date d'arrivée à NY : 3 avril 2009.
Dans quelles villes as-tu déjà vécu ? : Columbia, South Carolina.
As-tu de la famille à NY ? : Non.

Cinq défauts et cinq qualités

CALME x méfiant x TÉMÉRAIRE x distant x RUSÉ x évasif x HONNÊTE x froid x DISCRET x peu ambitieux.

Autres signes particuliers

Jay n'aime pas parler de son passé • énigmatique et mystérieux, sa vie semble se résumer à son travail, lorsque l'on ne le connaît pas • l'obscurité a pour habitude de l'agiter • sa famille ? cela doit bien faire une éternité qu'il ne leur a pas donné signe de vie • araignées, cafards, insectes et autres lézards, Jay a toujours eu une étrange fascination pour les bestioles les plus minuscules de la planète • écrasé sous le poids de la vérité, les livres constituent pour lui un véritable refuge, un véritable salut • ami des animaux, Jay a décidé de renoncer à la viande comme beaucoup d'autres personnes il y a 1 an. petit à petit, cette décision l'a emporté plus loin dans un territoire nouveau: celui du veganisme.


❝ Ma vie, mes choix

❝ Derrière mon écran


Prénom : /
Pseudo : asdfghjkl;
Age : 20
Pays /région : Europe  
Etudes/Travail : Graphisme
Avatar choisi : Elia Cometti  
Type de personnage : Inventé
Comment es-tu arrivé là ? : Google
Avis sur le forum : Top!
Code à remplir :
Réserver son avatar (après validation et si personnage inventé) :

Code:
<pris>Elia Cometti</pris> <a href="http://www.good-morning-america.org/u1788" class="COLO">✖</a> Jay Harper
Réserver votre nom et prénom OBLIGATOIREMENT
Code:
<center><div class="LESCODES">[b]PRÉNOM[/b] : Jay
[b]NOM[/b] : Harper
</div></center>


Il est maintenant temps pour vous de choisir un groupe. Nous vous donnons rendez-vous sur l'annexe des groupes pour en apprendre plus sur les groupes disponible sur GMA.

Vous avez le choix entre deux groupes.


Choix n°1 : Central Park.
Pourquoi pensez-vous que votre personnage correspond à ce groupe ? Calme, discret, timide, effacé, il fait sa vie sans chercher à avoir des ennuis. Chaque jour de plus est un combat pour sa survie dans les eaux infestées de requins de la ville de New York. Le loyer exorbitant, les prix excessifs et les transports inabordables lui empêchent de vivre autre chose que le fameux cliché "métro, boulot, dodo". Et ça, c'est toute la vérité, et rien que la vérité. Lisez son histoire. Vous comprendrez.

Choix n°2 : Aucun.
Pourquoi pensez-vous que votre personnage correspond à ce groupe ? Il n'est pas ambitieux. Il n'est pas artistique. Il n'est pas musical. Il n'est pas sociable. Il n'est pas Broadway, ni Wall Street, ni Times Square. Le devenir serait, pour lui, comme devenir une autre personne.



Dernière édition par Feu Ardent le Lun 7 Mar - 2:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 7 Mar - 2:34



❝ Bref, vie de merde.

I had a family.

J'avais une famille. Maintenant, je n'en ai pas. J'avais des amis. Maintenant, je n'en ai pas. Je n'ai personne. Je ne suis personne. On naît seul et on meurt seul. C'est la tragédie de la vie.

Parfois, la nuit, il se réveille en sursaut, rattrapé par des souvenirs bruyants et des cauchemars effrayants. Autrefois, sa mémoire était sa qualité sa plus enviable. Aujourd'hui, elle représente sa plus grande hantise. La mnémophobie n'est pas quelque chose à prendre à la légère. Ses souvenirs le poursuivent ... Et pourtant, tout ce qu'il désire, c'est de pouvoir s'en échapper.

Something is wrong.

Tout semblait idéal. Rien n'était suspect. La vie que je vivais ? Autant le dire, c'était parfait. Comme dans un rêve, presque. Et puis ... On se réveille, un jour. On finit toujours par se réveiller. C'est à ce moment là qu'on se rend compte que la réalité est un cauchemar.

Ce n'est que lorsqu'il les a confrontés qu'il a réellement compris que ce n'était pas normal. Sa vie n'était pas normale. Des parents, ça montre l'exemple. Ça ne ment pas. Ça ne doit rien faire de mal. Ses parents ... Non, pas ses parents. Et ils avaient fait quelque chose de mal. Quelque chose de terrible. Y repenser lui donne la chaire de poule. Il enferme ce souvenir au fond d'un tiroir, jette la clé dans la gueule d'un alligator et se couvre les oreilles. Mais le souvenir ne disparaît pas. Il continue de le marteler de rappels insistants et insupportables. Il ne veut plus rien entendre. Il ne veut qu'oublier.

I had a love.

Toute ma vie, ce que je voulais ... C'était le bonheur. Mais ça n'existe pas, en fait, ça, le bonheur ... Si ?

Tout le monde ment. Mais pas lui. Il n'y a pas été formé. Lui, on lui a appris à dire la vérité. Et c'est ce qu'il a fait, toute sa vie. Il pensait que les autres étaient pareils. Personne n'était pareil. Ils mentaient tous. Les parents, les amis, les profs, les psys ... Personne ne comprenait. Personne ne lui disait la vérité. Il aimait la vérité. Il aime la vérité. Pourtant, la vraie vérité l'oppresse avec force et résistance. Tout n'est que mensonge. Maintenant, il le sait ; c'est sa croix à porter.

Life's what you make it.

Je pensais pouvoir faire semblant. Mais en fait, non. Je ne pouvais plus vivre dans cette bulle artificielle. C'était suffoquant. Ça m'étouffait. J'ai bien cru que j'allais finir par y passer.

Un jour, il est parti. Il n'a plus réfléchi, il a pris ses cliques et ses claques, et il est parti. C'était pendant les vacances de mars, ou alors celles d'avril ... Il a volé quelques bricoles, puis il est parti. Dès qu'il a pu, il s'est débarrassé de ses rapines ; échangées contre de l'argent, elles lui ont payé un billet.

Il ne savait pas où aller. Il n'a pas réfléchi. Alors il est parti à New York. On lui avait toujours fait croire que là bas, tout était beau et tout était vrai.

Un autre mensonge.

Il allait passer sa vie à être éternellement désillusionné.

I had a dream.

À un moment, j'avais des rêves pour l'avenir. Des projets pour le futur. À un moment, je pouvais déjà imaginer ma vie, toute ma vie, jusqu'à la fin ... Puis, je me suis rendu compte que tout ça, ce n'était que des conneries.

Se fondre dans la masse, se fondre dans le moule. Il ne voulait pas suivre un parcours générique et linéaire, le même parcours que tant d'autres avant lui. Il voulait se forger sa propre voie, l'improviser perpétuellement et changer de parcours si nécessaire. Avant, son rêve était un rêve de sécurité. Depuis qu'il a découvert la vérité, il ne se sentira plus jamais en sécurité.

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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 4 Avr - 4:32

C'est beau.
C'est dangereux.
Merveilleux.
Douloureux.
La lumière ...
Qui m'emporte,
Qui m'aveugle,
Qui me tue,
Qui m'isole.
Prends moi.
Laisse moi.
Frappe moi.
Aide moi.
Abandonne moi.

Ne m'oublie pas.
____________________________


Ses pas le guident ailleurs, loin de son interlocuteur. Il n'a pas envie de confronter ce regard luisant et ces lèvres sournoises. Quelque chose dans l'air le met mal à l'aise, sans qu'il ne comprenne pourquoi. Il se sent observé, comme un animal en cage. Il n'aime pas ça.

Un, deux, trois quatre,
Des bouquins, partout, partout,
Des bouquins, autour de toi.

Cinq, six, sept, huit,
Tu avances, tu recules,
Tu marches, tu languis.

Neuf, dix, dix, neuf,
On remonte,
Le temps, la vie, le passé, la mémoire.

Lumières.

Noir absolu.


Il sait exactement où trouver l'ouvrage, l'ayant ramassé plus tôt dans la journée. Il espère également s'être trompé ; qu'il restait un deuxième exemplaire qu'il n'avait pas remarqué, plus tôt. En vain.

Ils se bousculent, tes clients
Ils ne me passent même pas le bonjour
Certains ne me regardent pas
D'autres me regardent trop

C'est comme si je n'existais pas
Je suis un objet, un meuble
Je peuple leurs vies, j'existe pour leur servir
Un autre pantin, sans aucune identité.

Il ne trouve pas le livre.
Ça le soulage.
Un peu.
Et ça l'effraie
Beaucoup.

de quoi as-tu peur ?
je suis inoffensif, tu sais
je marche dans ton ombre, je rode, je te guette en secret
je suis ton chemin, mes pas suivent les tiens,
je te surveille, je suis aux aguets

de quoi as-tu peur ?
ce n'est pas comme si j'allais te manger
toi et ton visage élancé
toi et ta corpulence sculptée
de quoi as-tu peur ?

je ne suis pas la mort,
je ne suis que la vie
une bribe de joie ou de bonheur
débarquée de nulle part,
venue à toi, pour te réjouir.

de quoi as-tu peur ?


Jay a peur que le client ne prenne pas "non" comme réponse.
Qu'il insiste, malgré ses protestations.
Qu'il refuse de l'entendre, ou de l'écouter, lorsqu'il lui annoncera la mauvaise nouvelle.
Que Jay soit contraint de céder à des requêtes folles et insensées, auxquelles il n'a pas envie de se plier.
Le libraire ne désire pas s'éterniser dans cette librairie pour le plaisir de monsieur
Occupé à tapoter sur un clavier à la recherche d'un nouvel exemplaire
Puis à attendre qu'il revienne, avec le sourire, la queue entre les jambes, sans personnalité.

S'il n'est pas méchant, il n'aime pas qu'on lui marche sur les pieds.
Ce métier est un entonnoir qui le contraint de filtrer ses émotions, continuellement, éternellement.
Le jour, il est libraire. La nuit, il est lui.
Avec le temps et les années, les deux notions ont fini par se mélanger, se diluant l'un dans l'autre dans une fusion terrible exquise.

Un velouté de chaleur et de distance,
Un ragoût de politesse et de froideur,
Une bouillabaisse de charme et de maladresse,
Une terrine de sincérité et de fausses-vérités.

Le client-roi déclare qu'il reviendra. Et Jay n'a pas son mot à dire. Impuissant, sans défenses, le voilà, obligé de se plier, de se courber, de se prosterner, malgré lui.

Vous êtes sûr ?

Malgré lui, le libraire finit toujours par ressortir, à un moment ou à un autre. Il peut essayer de le réprimer autant qu'il le désire, cela ne change rien au fait que cet aspect de lui revient systématiquement au galop. L'homme est tellement habitué à tenir la caisse et à faire les comptes qu'il serait difficile de réellement savoir si son identité repose davantage sur son passé ou son métier. Le client s'efforce de répéter ses mots, et Jay se sent se refermer davantage sur lui-même. Comme un serpent, au fond de son estomac, qui se transforme en coquillage, tant il est recroquevillé en boule.

p o s i t i o n . f o e t a l e

They can say
Anything they want to say
Try to hold me down
But I will not allow
Anyone to succeed
Hanging clouds over me

And they can try
Hard to make me feel that I
Don't matter at all
But I refuse to falter
In what I believe
Or loose faith in my dreams

Cause there's
A light in me that shines brightly
They can try
But they can't take that away from me.


C'est la lumière de l'âme.
Une étincelle, qui ne s'éteint pas.
Une étincelle, qui ne meurt jamais.
Éternelle.

Cette lueur, quelqu'un cherche à la démasquer.
Menacée, elle appuie sur l'interrupteur, le plongeant dans une obscurité des plus totales.
Son identité, tapie dans la pénombre, s'assoupit.

Plus tu creuses,
plus je m'enfuis.
Plus tu me cherches,
plus tu m'ennuies.

Il y a un réel effort pour tenter de percer à travers le voile de ses mystères qui ne l'induit pas forcément en confiance. Savoir s'il aime les cerises ou les fraises, alors qu'il préfère plutôt les oranges et l'ananas, ça n'a rien à voir avec son emploi. Comprendre pourquoi il aime bien regarder le baseball et le football, mais ne supporte ni le tennis, ni le soccer, ni le basketball, n'a aucune incidence sur sa carrière. Démasquer, déceler, révéler l'homme dans le libraire ... Jay ne comprend pas.

L'homme se cache. Il se referme. L'homme est Jay, mais il n'est pas là.
Il ne donne jamais de lui sans avoir une excellente raison.
Jay, c'est une pierre précieuse, une perle rare, une roche unique.
On ne le trouve pas par hasard. Quand on le découvre, on ne l'oublie pas.

Le client parle des métros, et de leur réalité sombre et grotesque.
L'odeur de la pisse, les rats nus qui se promènent sur les quais, de temps à autre, lorsque l'envie de se donner en spectacle leur vient en tête.
Les gamins, qui mangent de la nourriture absolument dégueulasse, suintante, collante, dégoulinante de partout,
et les adolescentes qui se partagent les potins comme des cartes de collection, dans le wagon, comme de la monnaie courante
La cacophonie de sons, l'océan de couleurs, la vague de chaleur, l'inévitable transpiration
La raideur des jambes, l'obligation de rester debout, de céder place aux vieux, d'être coincé dans cette mer de corps, planté comme un piquet
Collée entre la mamie qui sent la rose fanée,
Le hipster qui sent la marijuana coupée au tabac,
Le quadragénaire, au parfum naturel promotion quatre fromages

Les lumières clignotantes, le wagon grinçant, bruyant, agité, qui bouscule et remue, et balance les gens les uns sur les autres, parfois créant des tensions entre Jay et un gros dur qui essaie de faire sa loi et de marquer son territoire.
Les pannes, les correspondances annulées, les trains qui s'arrêtent sans aucune raison, entre deux stations, en plein milieu du trajet ...


Au fond de lui, Jay ne rêve que de climatisation et d'un environnement silencieux.
Il se voit déjà, mal à l'aise, à l'étroit, enfermé dans cette véritable cage à corps, obligé d'attendre, désespérément, d'être enfin de retour chez lui. Le trajet, il le connaît par coeur, il le fait tous les soirs, et tous les matins.

Puis, la marche, effrayante, déconcertante, secouante, désagréable, effectuée sur le chemin du retour, de la station à la maison, dans le noir, dans le silence, avec comme seuls bruits le chuchotement d'un couple inquiet ou les rires envahissants d'ivrognes bourrés

Je
non
sauve
moi
emporte
moi loin
de cet enfer que je vis

Une proposition.
Qui lui tombe dessus et brise ses appréhensions. Ou plutôt, un ordre. Une affirmation. "Je vais te ramener chez toi."

Et un Jay, qui ne sait pas comment réagir, face à cette situation.

Je veux
Je ne veux pas
Ce serait bien
Mais pas prudent
Ou plus prudent ?
Je ne sais pas
Arghl

sf
dgffhgh
fg
d
.

et je meurs sur mon clavier

Je ...

Des flashs, des sons, des images.
Les odeurs du wagon, le jus d'aisselle.
La mamie qui sent plus le pourri que le pot-pourri.
Les hommes menaçants, les femmes menacées
Cette atmosphère désagréable et malsaine, ce train, qu'il ne remarque plus tant il s'y est habitué

Ou une voiture, confortable
Potentiellement des sièges en cuir
Une odeur neuve, ou déjà vécue
Du jazz sur la radio, ou pas de musique, c'est bien aussi

Long Island, qui se rapproche, avec des fenêtres, cette fois-ci, et une vue sur autre chose qu'un éternel gouffre noir abyssal


Et


Et


Et


Et


C'est gentil, mais ça ira. Ça vous ferait faire un trop grand détour, de toutes manières.

Le monsieur professeur a les moyens de conduire, et sans doute ceux de ne pas vivre à Staten Island. Il vit probablement ici même, dans le Brooklyn. Ou alors, plus haut encore. Le fameux côté de l'Upper-Est.

Le client ne se dégonfle pas pour autant. Il faut l'admettre, cet homme a de la persévérance. Une insistance entêtante qui pourrait en agacer certains. Jay, ça le laisse de marbre. Il n'est pas souvent touché par l'attitude des autres. Sauf lorsqu'il y a réellement un enjeu. Il a trop perdu pour pouvoir fermer l'oeil lorsqu'il y a un enjeu sur la table.

Jay a une minute.
60 secondes, et il réfléchit.



60
59, 58, 57 ...
Que faire ?
56, 55, 54, 53 ...
Que dire ?
52, 51, 50, 49, 48 ...
Que penser ?
47, 46, 45, 44, 43, 42, 41 ...
Comment réagir ?
40.
Et tu réfléchis.
39, 38, 37 ...
Mesure le pour et le contre. Réfléchis.
36, 35, 34, 33, 32, 31, 30 ...
Tu clignes des yeux. Tu réfléchis.
29, 28, 27 ...
Ton temps est presque entièrement écoulé, Jay.
26, 25, 24, 23, 22, 21, 20 ...
Un wagon moisie ou une voiture espacée ?
19, 18, 17, 16, 15, 14, 13, 12 ...
Avec des fenêtres qui s'ouvrent et de la compagnie pas trop désagréable
11, 10, 9, 7, 6, 5, 4, 3 ...
Ou alors de la mauvaise compagnie ? Qui sait ?
2, 1 ...
Alors, qu'en sera-t-il?




0.


Vous êtes sûr ?

Je ne veux pas m'imposer ;
Je ne veux pas devenir ton objet.
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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:21

sand ;
1. A loose granular substance, typically pale yellowish brown, resulting from the erosion of siliceous and other rocks and forming a major constituent of beaches, river beds, the seabed, and deserts:
"this magical coast boasts mile upon mile of golden sand"

And you don't remember ...


Je danse sur le sable,
Et les vagues m'emportent.
Le soleil tape,
Et la mer cogne à nouveau.

Euphorique, je ris,
Les vagues me chatouillent les orteils.
Je m'envole, dans mon bonheur,
Élevé par mes passions.

Every time you told me


C'est samedi.
Saturday.
Sábado.
Le jour du salut.
On se repose.

You were mine forever


Il fait bon. Doux. Frais. C'est la saison. Le printemps, officiellement arrivé, annonce des couleurs chatoyantes et une chaleur renouvelée. L'été n'est pas encore là ... Et c'est tant mieux.

Il y a du monde, sur la plage. Pas beaucoup, mais assez pour que cela soit notable. Des femmes, en paréos bariolés. Des hommes, à moitié nus ou à moitié habillés ? Les enfants sont nus, lorsqu'ils courent dans le sable. Ils se rapprochent de la mer, et crient et rient à profusion. Les vagues s'éclatent autant que les familles, sur cette plage.

For eternity


Paisiblement, il suit son chemin, à marcher, errer, vagabonder, sans but ni objectif, sur cette plage, si familière et étrangère à la fois. Des centaines de fois, ses pas l'avaient emmené ici. Cette promenade impromptue est le symbole de son temps-libre. Jay se balade et se promène, sur les fines étendues de sable, occupé à savourer la joie de l'existence et le malêtre du passé. Cette plage, il a l'impression de la connaître, de fond en comble.

And you don't remember


Et pourtant, il ne peut s'empêcher de s'interroger.

Sur son histoire
Et celle des gens dessus
Sur son passé,
Des siècles de sang et de vie coloniale effacée par le passage des vagues et les mensonges des colons.
Se poser des questions sur cette plage lui permet de ne pas y repenser.

How you used to hold me ;


Repenser à quoi ?
Quelle excellente question.
Par où commencer ?
Les plaies de l'âme,
Ou les peines du coeur ?
La tristesse silencieuse
Ou la douleur lancinante ?
Un cri étouffé vit en lui, constamment.
Un cri, clair et net, rêve de s'en échapper.

How we'd melt together,


La solitude, pour certains, est une armure à revêtir et derrière laquelle se cacher. C'est une protection de métal luisante et fraîchement astiquée. Ça protège des autres, mais également de soi-même. Pour d'autres, il s'agit d'une menace. Quelque chose de terrifiant, qui étrangle, étouffe et suffoque. Et pour lui ?

How you needed me,


La solitude de Jay lui rappelle ce qu'il a perdu, et ce qu'il a gagné.
Son indépendance, et le prix qu'il a dû payer. La vie laissée derrière lui. Son passé, oublié. Comme les traces de semelle, laissées dans le sable, effacées par le vent et d'autres pas, plus pressants. Il se souvient des moments dans lesquels il n'était pas seul. De la famille, des amis. Ou d'autre chose, qu'il préfère laisser dans un coin de ses pensées.

En réalité, il le sait bien, qu'il n'a rien oublié.
Mais tout ce dont il a besoin, c'est l'illusion.
L'illusion qu'il peut réellement se défaire de son passé.

How we used to be.
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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:21

Camera




Lights




Action.






___________________

Jay braverait les tempêtes de sable, s'il y en avait. Dans son humeur actuelle, il ne fait pas attention au reste. Insensible, impénétrable, invincible au reste du monde, le combat qu'il effectue est uniquement dans ses pensées.

Qui suis-je,
lorsque la nuit
est tombée ?
Qui es-tu,
Étrange étranger ?
Tu éveilles en moi
des souvenirs oubliés

Qui es-tu ?
Serais-tu mon reflet ?

Ses chaussures heurtent le sable avec force et détermination. Des grains se faufilent sous le tissus, entre les baskets et les chaussettes. Puis, entre les chaussettes et les pieds. Les grains se faufilent entre ses orteils, mais il ne les remarque pas. Jay continue sa route. Il marche. Comme un colosse.

Il y a une beauté sereine, sur la plage, aujourd'hui. Les oiseaux sont calmes. La mer est douce. L'air, frais, est agréable. Pas de cyclone, pas de mistral, pas de tornade, pas de raz-de-marée ... Pas de catastrophes, uniquement des couples amoureux, des familles joyeuses, des enfants amusés.

Paisible.
Le monde est paisible.
C'est souvent les moments de calme à l'état pur, les moments les plus fragiles d'une journée.

Le cours d'une vie, en un instant, peut se retrouver entièrement transformé.
Le silence n'équivaut pas à la vérité.

Non loin de lui, des gens. Il ne leur prête pas attention particulière. Il voit une caméra, entourée par des gens. Une blonde assise sur une chaise-longue, comme une vedette de cinéma. Lunettes de soleil aux yeux. Une énergie dans son aura. Il la voit, mais il ne la regarde pas. Ce n'est pas forcément un décor qu'on voit tous les jours, ni auquel on peut s'habituer, mais dans son humeur actuelle, Jay n'est pas étonné. En réalité, Jay ne serait jamais étonné face à un tel scénario. Constamment déphasé, c'est comme si les molécules de son corps vibraient à une fréquence différente du reste du monde. Il ne vient pas d'ici. Il n'appartient plus là bas. C'est un électron libre, qui flotte dans le néant, à la recherche d'un nouvel atome auquel se rattacher.

Tu ne cherches jamais à savoir si tu as tort ou si tu as raison. Elle a tort, toujours. C'est toujours de sa faute. Toujours de la faute des autres. Et jamais la tienne.

La tienne. Ta faute à toi toujours. Toujours de ta faute. Tu as toujours tort. Elle a tort de ne jamais chercher à savoir si tu as raison.

Moi – je toi – tu il – il elle – elle nous – nous vous – vous – ils – eux – on

On écoute les gouttes qui s'écrasent contre le plafond, en silence, avec douceur, avec tendresse, en beauté. C'est de la pluie magique, qui enivre et inspire, accompagnant le tonnerre comme un rythme entêtant. Mais discret également. Le vrombissement de la foudre est un grondement imposant, qui s'interrompt et revient lorsque les circonstances y sont propices.

On adore la pluie.
J'adore la pluie.
Ça efface toujours mes soucis.
Ça me lave, de tous mes ennuis.

"Faim on a très faim,
On voudrait bien manger,
Faire un bon festin,
Pour bien se regaler.
Une cuisse de mammouth grillée
Va nous rassasier !"

– Linda cite l'Âge de Glace

Peut être qu'elle a faim.
Moi, je fais une indigestion.


Rouge est le ballon qui vole dans les airs. Il brille sous le soleil, qui aveugle et agresse. Et tape violemment.
Bleue est la mer, qui caresse le sable et les orteils des visiteurs.
Vert pour un sac de plage à la couleur désagréable.

Le ballon valse et vibre d'une personne à la suivante.

Tic tac
Gauche droite
Bas haut
Haut bas
Ballon rouge

Le ballon s'élève, s'envole, haut dans les airs, en route pour une nouvelle trajectoire. L'adolescent de derrière ne le frappe pas au bon moment. Le ballon continue de reculer, reculer, reculer, vers cette blonde, qui semble si captivée par cette caméra. Jay ne réfléchit pas.

Attention !


Il lève la main, essayant de rattraper la balle, mais en vain. Elle continue sur son chemin, avançant sur sa trajectoire, se rapprochant de la blonde, encore, encore, encore ...

Tandis que Jay, malgré lui, se retrouve relégué au rang de simple observateur,
Puni par son inutilité. Incapable d'arrêter la balle, le voilà obligé d'espérer que mademoiselle aura la présence d'esprit de lever le nez à temps pour éviter un impact douloureux.
___________________

C'est difficile, de se sentir puissant dans son impuissance.
J'ai le poids de trois mondes sur mes épaules.
Je fais tout en ne faisant rien.
Le silence est assourdissant.
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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:21

J'aime le sable, dans le sable, dans le sable.
Et la douceur de tes regards,
L'odeur sucrée de ta peau.
Tu me rappelles les océans desquels je suis issu.
Je me suis élevé, au delà des vagues, majestueux.
La Terre entière était devenue mon Atlantique.
Mais c'est dans ton coeur que j'ai trouvé le Pacifique.

Et elle tombe. Chute libre. Contre le sable, contre le vent, le nez dans les grains de silicone décrépit. Jay observe, tandis que la silhouette se relève lentement de son cercueil de poussière. Des grains volent dans les airs, dans tous les sens, menaçant de lui piquer les yeux, et l'Américain se dissimule donc le visage derrière ses mains. Il entend un bruit de crachat, le vent s'apaise un peu, et le regard de Jay se balade donc de nouveau sur la scène, devant lui. Elle est jeune, et l'on ne peut pas dire qu'elle soit particulièrement gracieuse – mais le libraire ne juge pas. La situation ne s'y prête pas particulièrement, pour la pauvre blonde, victime de l'impact violent et barbare du ballon de plage.

Une balle,
Deux balles,
Trois balles, dans les airs.
Je jongle, allègrement,
Je jongle, pour te plaire.
Tu me regardes, faire le pantin,
Jouer au malin,
Être un fanfaron.
De guignol à polichinelle, je les imiterai tous, pour toi.
La balle retombe sur ma tête, et menace de m'assommer.
Une balle, deux balles ...

La troisième est par terre.

Il observe le spectacle, curieux, curieusement.

Un film ?

Oui, mais de qui, de quoi ... ?

Un film.

Ils sont trois, à se précipiter vers cette caméra. Trois artistes, trois personnages, occupés à vivre à travers le regard des autres. Le seul regard qui lui importe, personnellement, est le sien. Jay ne comprendra jamais le désir d'échanger une identité contre un peu de célébrité. Ses parents avaient vendu leur âme au diable. La sienne, il la préserve, jalousement.


Le cheval hennit et gronde dans les champs.
La chaleur, suffocante, étouffante, abrutissante, déconcertante
L'empêche de se concentrer, et voilà donc qui se met
À rugir, à bondir, à galoper dans tous les sens, furieusement.

Furieusement, furieux, furieux ...
Elle parle dans une langue que vous ne comprenez plus.
Ses mains, agitées, balaient vos excuses en deux-temps trois mouvements.
Sa colère fait d'elle une véritable lionne.

Lionne, perdue dans la jungle, au passé sombre, douteux, obscur, mystérieux.
Yeux de lynx, peau texturée,
Le poil fin et soigneusement coiffé.
Elle attend en silence qu'une nouvelle proie s'approche,
Prête à bondir pour la dévorer, impitoyable.

Impitoyable, c'est le prénom qu'on me donne,
Avec mes regards durs et mes paroles froides,
Avec la distance que je mets, entre eux et moi.
On me voit, sur mes grands chevaux,
Et on me croise, avec mes grands airs.
Intouchable, je suis bien au dessus de tout cela.

Elle a pas l'air contente, mademoiselle. Elle crie, d'une voix stridente qui brûle tes tympans et tes souvenirs en même temps. Une voix que tu connais, une voix que tu reconnais, et un visage que tu ne tardes pas à identifier, à présent. Tu la connais.


Avant qu'il n'ait le temps de tourner les talons afin d'éviter à ce rappel d'un  moment passé qu'il préfère oublier, elle le remarque, et s'adresse à lui. Si ça le dérangeait de la dévisager de la sorte ? Absolument. Après ce qu'elle lui avait fait, il préfèrerait ne pas avoir à voir son visage plus longtemps. Et pourtant ...

Et pourtant ...

Je mords ta lèvre,
Et je caresse tes hanches,
Qui dansent, doucement,
Entre mes mains gourmandes.

Dans ta nuque, je me perds,
Drogué, enivré par ton parfum, insistant.
Tes cheveux dorés caressent mon visage,
Cascadant le long de ton dos et de ma peau, en conséquence.

Il la regarde, avec la froideur de ses non-dits et le rappel de ses ennuis. Visiblement, la voilà autant surprise que lui. Sa bouche, béate, témoigne d'une stupeur qui ne le surprend pas. Riley. Rusée, agile, fourbe, comme le renard, ce fameux monsieur Fox. Le destin ayant encore décidé qu'il était temps pour leurs chemins de se croiser.


Évidemment que ça me dérange.


décrète-t-il, avec amertume, avant de tourner les talons et de se mettre à rebrousser chemin. Content de voir que tu respires, content de savoir que tu vis, content, content, incroyablement content de savoir que tu te portes bien, en parfaite santé, sans moi, sans m'avoir expliqué ... Tout, et rien, et juste le pourquoi. Content, content, incroyablement content ...

Ou pas.


Sa déception peint son visage d'un gris verdâtre qui ne lui sied pas. Et pourtant, s'il lui tourne le dos, c'est lourdement que ses pas l'emmènent loin d'elle. Il n'avance pas rapidement, au contraire. Ses pas vont presque à reculons.


Envie de savoir pourquoi,
Et trop fier pour demander,
Me ferais-tu enfin le plaisir
De m'expliquer pourquoi tu m'as donc déserté ?

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:21

INFORMATIONS ;

Jay n'aime pas parler de son passé • énigmatique et mystérieux, sa vie semble se résumer à son travail, lorsque l'on ne le connaît pas • l'obscurité a pour habitude de l'agiter • sa famille ? cela doit bien faire une éternité qu'il ne leur a pas donné signe de vie • araignées, cafards, insectes et autres lézards, Jay a toujours eu une étrange fascination pour les bestioles les plus minuscules de la planète • écrasé sous le poids de la vérité, les livres constituent pour lui un véritable refuge, un véritable salut • ami des animaux, Jay a décidé de renoncer à la viande comme beaucoup d'autres personnes il y a 1 an. petit à petit, cette décision l'a emporté plus loin dans un territoire nouveau: celui du veganisme.
AMERICAIN26 ANSVENDEUR DE LIVRESPAUVREARRIVE EN 2009VEGANMNEMOPHOBETIMIDESINCEREDISCRET
LIENS RECHERCHÉS ;

– Ça aurait pu, mais ça n'a pas. C'était il y a 2 ans. Les promesses d'avenir, les promesses de la beauté de l'amour ... Puis, plus rien. Ça s'est terminé, comme cela. Pas de mots, pas d'au revoir. C'était la fin.

– Le voisin insupportable, c'est celui dans l'appartement d'en face, qui joue de la musique jusqu'à trois heures du matin et ne se soucie jamais des autres habitants de son immeuble. Ce voisin là habite en face de Jay – et il en est bien conscient. Dans sa petite piaule à Staten Island, il dort mal, constamment. Ce voisin, autant dire que Jay ne l'aime pas particulièrement.

– Voici la situation: il était en retard, et toi aussi. Vous vous êtes heurtés en essayant de monter dans le métro. Le train est parti sans vous, vous voilà en retard ... Et ensuite ?

– Une situation étrange, impliquant un zoo, une glace à la menthe, des cheveux collants. Jay, occupé à lire sur un banc, ne dérangeait personne. Mais cela ne changeait rien. Tu es arrivé(e) et tu as accidentellement fait tomber ta glace dans ses cheveux. Et après?

+ affaire à suivre.


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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:22

Une journée ordinaire de printemps.

Du moins, c'était ce qu'il pensait. Il s'était réveillé, il s'était levé et il était parti travailler, comme à l'accoutumée. Son métro était à l'heure, le wagon était plein et l'homme à sa gauche sentait le roquefort. Comme d'habitude. Il était sorti de la station, le soleil l'avait aveuglé et il avait manqué de trébucher et de tomber sur la route. Presque comme tous les jours.

Lorsqu'enfin arrivé à la librairie, celle-ci était déjà ouverte, depuis une heure ou deux. Comme tous les mercredis. Jay avait souri à la libraire qui aidait aujourd'hui – elle travaillait là bas depuis un moment, bien qu'ils n'aient jamais réellement pu apprendre à se connaître, leurs emplois du temps ne le leur permettant pas. À son arrivée, elle décide de partir faire des emplettes dans le quartier. Elle a besoin d'ailler à la bijouterie, à la friperie et à la quincaillerie. Des trucs de fille. Et Jay, a besoin ... De calme.

De silence.

De solitude.

S







o







l







i







t







u







d







e
Tu marches le long du soleil,
Ton chemin est un rayon infrarouge
Tes pas, silencieux, marquent la lumière invisible,
Tes souliers, enflammés, s'évaporent dans l'atmosphère.

Tu découvres l'Univers dans la paume de ta main,
Tu savoures le goût de ta liberté.

Il se promène entre les livres, profitant de l'absence de clients pour ranger du nouveau stock dans les rayons. Un livre tombe par terre et Jay le ramasse, puis le feuillette, page après page après page, après page ...

La princesse est un dragon,
La sorcière est un roi,
La mer est un océan,
Le dieu est un lama

Un roman, sans histoire
Peut-il réellement avoir une fin ?
Et si les livres existaient sans les trois derniers chapitres,
Les gens le vivraient-ils bien ?

La clochette retentit alors, lui indiquant l'arrivée d'un nouveau client, et il se précipite donc vers la caisse, proche de l'entrée, comme il a l'habitude de le faire chaque matin. Il prépare son plus beau sourire, digne d'une marque de dentifrice, et attend en silence, prêt à accueillir le nouveau visiteur avec enthousiasme, chaleureusement.
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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:23

heat ;
1.2 Hot weather conditions:
"the oppressive heat was making both men sweat"








emotion





reason





imagination
Il a chaud, Jay. Dans cette boutique, par cette journée printanière ... Il a chaud. Le pull en laine qu'il porte habituellement n'est plus adapté à la saison. Mais s'il l'enlève ... Alors il a froid.
De toutes façons, ce ne serait pas très correct, de se déshabiller, comme ça, devant les clients. Même s'il porte un tee-shirt en dessous de son pull. On lui avait appris les bonnes manières, et il désirait les respecter. S'il ne respectait plus sa famille, leur éducation, il ne pouvait s'en défaire. Elle fait partie de lui.

Avril approche à grand pas, mais n'est pas encore là.
Mars, sur le chemin de la sortie, s'assure de ne rien avoir laissé derrière.
Le rhume des foins est là, pour les plus malchanceux. Jay figure parmi eux.
Ça gratte, quand même.
Il essaie de ne pas trop renifler, parce qu'il sait que cela dérange. Non. Pire encore. Cela dégoûte. Les gens le regardent de travers, au moindre bruit, comme s'il avait une peste incurable qu'il était sur le point de leur transmettre. Personne ne semble comprendre que des allergies, ça ne se contrôle pas. Honteux, il essaie de se contenir, de se contrôler. En vain.
Jay se mouche, et Jay éternue,
Et à chaque fois, quelqu'un sursaute de surprise ou d'étonnement.
Lorsque son nez siffle dans le mouchoir blanc, on pourrait facilement le méprendre pour un éléphant, tant le bruit est sourd et imposant.
La trompe d'un éléphant, la tentacule d'une pieuvre. Des membres et des organes roulants, enroulés, circulaires, lisses, gluants ... Comme des bras sans os, le squelette d'un serpent. Vertèbre, invertébré ...

Les animaux sont similaires dans leurs différences.
La porte s'ouvre et il regarde le nouvel arrivant avec espoir et appréhension. Du coin de l'oeil, son regard s'arrête sur sa montre, qui lui indique l'heure. Il lui reste encore vingt minutes avant qu'il ne puisse sortir de sa prison et rejoindre sa tanière, l'antre de lion. Et Jay n'attend que ça.
Jay rêve de pouvoir rentrer,
Pour boire une tisane ou bien une infusion.
Il fermerait la porte à clé et se cacherait sous ses draps.
Il y a des jours, comme ça, ou l'on n'a envie de rien faire, hormis rester chez soi. Il ne veut pas parler. Il ne veut pas sourire. Il ne veut pas faire d'efforts. Il veut simplement dormir. Et rêver. D'évasions, de squelettes, ou d'extra-terrestres. De cowboys, de vaches bleues, ou de couleuvres violettes. Cela n'a pas trop d'importance, tant qu'il s'agit de rêves. Qui lui permettraient d'échapper à ce véritable cauchemar.
Le client s'approche et Jay attend. Évidemment, la journée avait été longue. La boutique, remplie. Le seul jour où le libraire a ses allergies ne peut pas être l'un de ses jours de répit. Il faut qu'il parle, qu'il discute et qu'il réponde aux questions. Il n'a pas le droit à l'erreur. Il n'a pas d'envies. Il n'a pas de personnalité.

Il est là, pour servir.
Fidèle au poste, vif ou mourant. Il est là.
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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:23

ice cream ;
1. A soft, sweet frozen food made with milk and cream and typically flavoured with vanilla, fruit, or other ingredients.
"I had a choc covered flake cone, and was frustrated to find ice-cream melting onto my fingers."

Paisiblement, il lit.

Tolstoï.

Un classique. Jay l'a déjà lu, mais cela ne change rien: aujourd'hui, sa lecture, ce sera Tolstoï. Contrairement à certains, Jay ne lit pas toujours ses livres du début à la fin. Il n'a pas besoin d'en terminer un afin de pouvoir entamer le suivant.

Jay, c'est une âme sauvage, un esprit vagabond. Ses pensées se baladent d'un mot à l'autre tandis que ses yeux, habituellement distraits, suivent les lettres qui se succèdent sur la page jaunâtre et rugueuse.

TOLSTOÏ.

Et la promesse d'un avenir brillant, ou glorieux.
Les mots d'un comte, le sang de la noblesse.
La richesse, la luxure, l'effervescence des mots;
L'excès, la quantité, des pages interminables à profusion.

Jay jette un coup d'oeil furtif à sa montre, afin de vérifier qu'il n'a pas pris de retard sur sa journée.

14 heures moins le 1/4.

Il lui reste encore un bon quart d'heure pour poursuivre sa lecture. Rassasié après avoir dévoré son sandwich au thon végétal et à la rhubarbe, le voilà prêt à savourer les mots de l'écrivain russe.

Thon, rhubarbe ...

L'on ne peut jamais réellement échapper au passé.
Sa "mère", connue pour son excentricité dans la cuisine,
Avait un jour inventé ce mélange que Jay avait adoré.
Toute son enfance, ses paniers-repas avaient été ponctués par le retour fréquent du thon-rhubarbe.
En devenant végétalien, des sacrifices, Jay en avait fait.
En coupant les ponts, son passé, il l'avait oublié.

Mais le Thon, rhubarbe ...

Même s'il l'avait voulu, il n'aurait pu ni l'oublier, ni le sacrifier.

Ses doigts glissent avec finesse sur la feuille texturée, en attrapant le coin afin de tourner la page.

Tourner la page,
Il s'y était habitué.
Enfant, il était sage...
Enfant ... Quand il ne connaissait pas la vérité.

Ses yeux s'accrochent à un mot, puis à un autre. Jay boit les paroles du romancier comme s'il était face à lui ; comme si Tolstoï en personne lui contait son récit.

Guerre et paix.

Jay, il n'aime pas la guerre.
Sa personnalité évasive l'avait toujours orienté vers la paix. Ou bien la fuite. C'est dans sa nature.
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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:23

Entre deux mots, quelque chose de froid lui tombe dessus. Jay cligne des yeux avant de passer sa main sur le haut de son crâne et de plonger ses doigts dans quelque chose de froid, de gluant, de visqueux.

Jay grimace,
C'est dégueulasse,
De se prendre les doigts dans la glace.


Il lui suffit d'observer sa main pour comprendre immédiatement ce qu'il vient de lui arriver. Sa grimace s'accentue. De la menthe. De la glace à la menthe. Dans ses cheveux. Et Jay, tout gluant, tout sucré, qui doit bientôt retourner travailler ...

Quelque part au fond de lui, le voilà en train de
paniquer.

Et comment il va réussir à retirer cette substance collante de ses cheveux?
Et comment il va faire pour retourner travailler, maintenant ?
Et comment ... Et comment ?

Cerise sur le gâteau
On commence à lui
Crier dessus
Il ne comprend pas pourquoi
Mais la fille n'a pas l'air
Commode.
Au contraire, elle semble même
Plutôt remontée.

« LE ZOO N'EST PAS ASSEZ GRAND ! Vous avez besoin d'étaler vos jambes comme ça dans l'allée ?! J'aurais pu me faire mal alors la moindre des choses, c'est de s'excuser ! A moins que ce soit trop dur pour vous ! »

Jay cligne des yeux, se regarde les pieds, puis regarde la jeune femme qui semble ... Bête comme ses pieds. Certes, l'américain est grand ... Mais cela est difficilement de sa faute. Si mademoiselle cherche un coupable, elle ferait mieux d'aller prendre rendez-vous avec ses parents. Lui a des longues jamais ... Mais il n'en a jamais demandé.


Il la regarde froidement,
Le regard sombre, les yeux rétrécis.
Parce que Jay n'aime pas qu'on l'accuse à tort
Et à travers pour quelque chose dont il n'est pas fautif

Ce ne serait pas plutôt à toi de t'excuser ?

Sa voix masque à peine son agacement.

Oui il est agacé.
Parce qu'une fille lui crie dessus.
Parce qu'elle vient de lui jeter une glace dessus.
Parce qu'elle lui réclame des excuses.

Oui, il est agacé.

Son index lui montre la boule de glace, fièrement logée sur son crâne, comme pour justifier son argument. Si elle cherchait des excuses, lui en attendrait également.
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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:23

Il cligne des yeux.
Non mais
Elle est
s.é.r.i.e.u.s.e.?
Voilà la pensée qui virevolte dans sa tête.
Sa tête encore recouverte de ce liquide froid et collant.

Une glace.
Pile ou face?
Dans tous les cas, ça passe.
Ça se fracasse
Et on grimace.

Elle s'excite et elle s'énerve, ses mots acérés tombant sur lui comme les pierres lancées à une lapidation. Mais Jay n'a pas dit son dernier mot. Il la toise, de haut en bas, son regard la dévisageant avec distance, de façon ferme. Il n'est pas bien méchant, Jay, mais il ne faut pas le chercher. Il reste toujours dans son coin, Jay. En silence, en train de bouquiner. Déranger les gens, ça n'a jamais été son forte. Lorsque les gens se permettaient de le déranger, lui ...

Oui, ça l'agaçait.

Au lieu de regarder les gens de haut, tu devrais te concentrer sur tes pieds. Si tu as trébuché, c'est de ta faute, non la mienne. Moi, je lisais tranquillement. C'est toi qui est venue me déranger.



Comme ça. Il lui lâche sa vérité comme ça, dans le visage, et tant pis si ça ne lui plaît pas. Jay n'a pas besoin de marcher sur des coquilles d'oeuf à présent que son interlocutrice a lancé l'offensive. Et la vérité, comme lui l'entend, c'est qu'il n'est en rien fautif. C'était elle qui marchait, et non lui. Aurait-elle eu un minimum de bon sens, elle aurait regardé le chemin, plutôt que son téléphone. Ou alors son reflet dans le miroir.

En tous les cas, une chose était sûre: si elle avait fait davantage attention, ils n'en seraient pas là. Et Jay serait paisiblement en train de finir son chapître. Autant dire que la mademoiselle, Jay, il ne l'apprécie pas.

Elle trace sa route
Sans regarder autour,
Une vague d'insouciance,
Un brin d'arrogance,
Rien ne l'arrête,

Ni elle, ni ses bouclettes.

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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:24

trauma ;
1. A deeply distressing or disturbing experience:
"a personal trauma like the death of a child"

Il cligne des yeux, ébahi. Cette dame ... L'a-t-il déjà vue ? Est-ce qu'il la connaît?

Non.

Il le sait, en réalité. La seule raison pour laquelle elle lui semble si familière n'a rien à voir avec son apparence. Tout est dans ses mots.

C'est ses mots qu'il reconnaît.

Petit libraire, sans ambition,
Quand tu mourras, tu n'auras pas de nom.
Petit libraire, enfermé dans ta cloison,
Très bientôt, tu ne pourras plus sortir de ta prison.
Enfermé, renfermé, perdu, égaré,
Ta voie, ne la trouveras-tu donc jamais?

Petit libraire, petit libraire,
Comment ta vie peut-elle te satisfaire ?

Il les a vus écrits, entre les lignes de ses pensées. On les lui avait dits, lorsqu'il rangeait du stock dans le rayon "Sociologie". Une blague égarée vis-à-vis de sa culture ; un homme qui cherchait à faire son intéressant, une jeune femme qui se croyait maligne. Il les a connus, ces gens là. Ceux persuadés qu'ils valaient mieux que lui ; ceux qui se permettaient de monter, systématiquement sur leurs grands chevaux, le toisant du regard, le prenant de haut.

Son regard, rétréci, témoigne de sa lassitude et de son agacement.
Il n'est pas diplômé. Il n'est pas cultivé. Peut être, oui, en fait, ça, c'est vrai.

Mais Jay, il n'est pas bête. Ça aussi, c'est quelque chose qu'il sait.

Son destin? Tout était tracé. Prédit. Prédestiné.

Il devait suivre l'exemple que lui avait donné son père.

Banquier.

Il devait devenir banquier.

Être de ceux qui portent des chemises, des cravates, des pantalons en tissus moulant. Avoir des chaussures qui claquent contre un sol lisse, brillant, astiqué, luisant, marbré. Mentir, tromper, trahir, duper. Voler, investir, s'enrichir, toujours, gagner.

Gagner ...

Et lui qui ne recherchait que la simplicité de la vérité ...

Lorsqu'il l'a découverte, la vérité, toutes les cartes sur la table se sont envolées.
Son destin en fumées, il s'en est construit un autre.
Perdu au milieu des mots d'hommes tous plus savants les uns que les autres, ici, personne n'attendrait grand chose de lui. Lui-même n'attend plus grand chose. Il s'est installé dans son confort et l'a accueilli à bras ouverts, quitte à sacrifier le bonheur avec un "B" majuscule. La satisfaction suffit. Pourquoi tout risquer pour obtenir un "peut être ?" si un oui, plus faible, plus restreint, mais bel et bien certain est à portée de main ?

Il hoche de la tête et sourit, Jay. Il ne sait pas se battre. Il n'aime pas se battre. Et encore moins se défendre. Mais il se protège, tout le temps, systématiquement. Des agressions, des prédateurs, des fourbes, des traîtres et des menteurs. Il ne veut pas être un chasseur. Il ne veut pas être une proie. Jay veut vivre, sa vie, en silence, librement, tranquillement. Quitte à ne jamais vivre, réellement. C'est le prix qu'il est prêt à payer.

À la madame, il répond quelques mots qu'il ne pense pas réellement. Il fait mine de comprendre, lui explique qu'elle a raison. Il lui assure qu'il comprend, que lui aussi a fait des études similaires à celles de son petit fils. Il lui apprend qu'il ne travaille qu'ici temporairement, que ce n'est qu'une étape, une phase dans son projet professionnel, une plateforme dans l'escalier de sa carrière. Il n'aime pas mentir, Jay ... Mais dans certaines situations, mentir est une issue à laquelle l'on ne peut pas échapper. En ce qui le concerne, il ne ment pas, de toutes façons: comment mentir à une personne qui n'écoute pas réellement ce que l'on a à dire ?

Mais la madame, insistante, ne semble pas terminée. Elle continue de discuter, d'interroger, de critiquer, de se lamenter, et tout ce que Jay avait à jouer a déjà été posé sur la table. Il n'a plus de cartes en main, plus d'issues de cette discussion désagréable. Il ne sait plus quoi faire, n'ayant pas spécialement envie de l'écouter lui raconter chaque détail des études de son petit fils. Vraiment, ça ne l'intéresse pas tant que ça. Il a déjà "fait les mêmes études", après tout. Ou pas.

C'est alors qu'un autre client vient interrompre la charmante discussion. Si Jay n'était pas réellement reconnaissant de pouvoir échapper à la madame, il aurait demandé à l'intervenant d'attendre son tour – en l'occurrence, il se contente de soupirer intérieurement, soulagé à l'idée d'être libéré de cette conversation écrasante.

Maintenant libéré, voilà qu'il retourne à ses occupations. Il range deux stylos qui trainaient sur le comptoir, appuie sur deux trois boutons afin de préparer la caisse pour un nouveau client, puis reporte son attention sur celui-ci. Il lui confie qu'il n'aimerait pas "finir comme ça". Esquissant un sourire apologétique, il se permet d'être aussi politiquement correct qu'indiqué dans son contrat.

Règle #1: le client est toujours roi.


Il se racle la gorge et sort des paroles dans le vent, parfaitement conscient que son rictus malicieux trahit partiellement le fond de sa pensée.

Elle n'était pas bien méchante, la madame.
Elle avait simplement besoin de s'exprimer.

Il tourne vite fait vers la droite afin de récupérer l'un des stylos qu'il venait de ranger et de griffonner une note dans son calepin.

note :
Trouver de nouveaux avantages au métier de libraire

Redressant alors sa tête, il regarde furtivement son interlocuteur avant de lui répondre que

Ça? Ce n'était rien.
Vous devriez repasser le jour des soldes,
Si vous cherchez réellement un spectacle.

Un sourire décore la courbe de ses lèvres.

Puis, il baisse les yeux et attrape l'ouvrage qu'on lui tend, parfaitement capable d'entretenir une conversation en travaillant simultanément. Jay n'a pas besoin de voir le regard des autres pour communiquer avec eux. Il en a simplement besoin pour savoir s'ils lui disent la vérité ou non – et dans ce magasin, la vérité lui importe rarement.
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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:24

Jay vend des livres.



Certains pensent qu'il gaspille son avenir.
D'autres sont convaincus qu'il vend des rêves.
En réalité, il ne vend que des livres.
Rien de plus ni de moins.

Tu me parles dans un frisson,
Je t'observe et je m'envole.
Mes ailes déployées m'emportent vers l'horizon,
Sur la mer, je disparais,
De tes songes, de tes pensées.

Il vend des livres, non des rêves, ni des carpettes.
Sa mission est simple, mais pas moins utile pour autant.
Tous les matins, en arrivant, il s'arme de son sourire et prépare sa gentillesse.
Sa patience, sa générosité et sa vitalité sont d'autres armes primordiales qu'il met dans son arsenal.
Tel un soldat, prêt pour la guerre, il se munit en attendant ...

... Le déluge.

Des flots de personnes, plus ou moins intéressantes. Des voix, des visages, des promesses, des idées, des tentatives de marchandage, des négociations en vain, inutiles. Parfois, on lui raconte une anecdote sympathique, une histoire marrante. D'autres, gêné, il s'efface à l'écoute d'une tragédie quelconque, ne sachant pas quoi dire, ni quoi répondre.

Il est vendeur de livres. Il en vend sur l'histoire, le passé, le futur, la géographie. Ses mains ont déjà caressé les couvertures en cuir des classiques ou la texture douce et souple d'un guide sur la psychologie. Mais Jay n'est pas psychologue. Il n'est pas payé à l'heure pour entendre jaser mamie.

Il est payé pour être agréable, cela dit. Avec tous les clients, qui qu'ils soient. Grands, minces, petits, élancés ... Gros, obèses, fins mais au grand nez ... Il les voit tous, déambuler plus ou moins fièrement, plus ou moins arrogants, entre les rayons du magasin. Il les accueille tous, comme s'ils étaient des vieilles connaissances qu'il n'avait pas vues depuis longtemps. Avec le sourire et une politesse exemplaire. Comme on lui avait réclamé de le faire.

Ce nouveau client n'est aucunement différent. Jay ne l'a jamais vu. Leurs regards ne se sont jamais croisés. Et si, par miracle, il s'avérait qu'ils s'étaient déjà rencontrés par le passé, le contact aurait été si bref et furtif que Jay l'aurait rapidement oublié.

Dans ses souvenirs, elle me parle, elle te parle.
Il y a une beauté silencieuse et indéfinissable dans l'incertitude de ses pensées.
Elle est une cigogne, ou une mouette, ou un oiseau.
Elle emporte ses songes vers le nid de l'oblivion, sans jamais se retourner, ni laisser s'échapper une bribe du passé.

/// retour au présent ///



En réalité, il ne les remarque pas, ses clients. Du moins, pas vraiment. Il entend leurs mots, mais uniquement pour mieux y répondre. Il voit leurs sourires afin de pouvoir renvoyer les siens, plus vifs et chaleureux que les leurs, systématiquement. Jay n'est pas là pour se faire des amis. Il est là pour être amical. Nuance. Tandis qu'eux cherchent des raisons pour ne pas s'en aller, des raisons pour rester ... Lui cherche la prochaine tâche à faire, la prochaine démarche de sa journée. On lui parle souvent. Ça ne l'intéresse que rarement, en réalité.

Trop préoccupé à l'idée de devoir rentrer avant la tombée de la nuit,
Trop effrayé pour vérifier le montant de son compte en banque,
Trop contrarié par le prix montant de son loyer,
Il n'y pense pas, à ses clients. Si lui n'est qu'un vendeur, eux ne sont que des clients.

Sans visages et sans noms. Celui-ci n'y fait pas exception. Il lui parle, du spectacle qu'il voit, de façon journalière, quotidienne, périodique et habituelle. Jay fronce des sourcils et se mord la lèvre. Dans sa tête, ses pensées sont claires: il se fiche bien de connaître le spectacle auquel ce monsieur est confronté, tous les matins. Jay se mord la lèvre, trop occupé à réfléchir à ce qu'il reste dans son frigo. S'il reste des choses dans son frigo ...

Mmh-hmmm. J'imagine.

Il lâche avec désinvolture, sans détacher ses yeux de son écran. Ses doigts jouent temporairement avec le crayon, le temps de le passer derrière son oreille gauche. Il continue de fixer l'écran, curieusement, sans réellement savoir ce qu'il lui reste à faire, à présent.

La sociologie ou les lectures érotiques?

L'inventaire.



Jay doit le refaire.
Retrouver les livres, les classer, les trier, vérifier qu'ils sont tous là, qu'il n'en manque pas, et recommander ceux qui sont en rupture de stock ... Changer le rangement des rayons ...

Il a toujours quelque chose à faire,
Ce petit libraire.

Lorsque le client lui parler "d'aider", le regard de Jay se redresse, automatiquement. Chez certains, le mot "sexe" a la capacité à leur faire interrompre toute activité. Pour Jay, c'est le mot "aide", ainsi que tous ses dérivés, qui l'interpellent systématiquement. Certains appelleraient cela une déformation professionnelle. Et ils auraient raison.

Je vous écoute. Que puis-je faire pour vous?

Il sourit, tout simplement. Ni fièrement, ni sournoisement, ni sarcastiquement, ni ... 

...
...
...

C'est un sourire, quoi. Simple. Normal. Inoffensif.
Comme lui.
Des mots viennent alors le heurter et s'il tente de suivre, il risque de s'avouer perdu très prochainement.

« Sodom,
or
the
quintessence
of
debauchery »


Les yeux de Jay se plissent et ses sourcils se froncent.
Sodom ...

Il se mord la lèvre, réfléchit un moment, puis se retourne et ramasse quelque chose sur l'étagère derrière lui.

Ça?


Il demande, innocemment. Jay ne connaît pas ce livre. Il n'existe pas un univers dans lequel il le connaîtrait.
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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:25

Je ne suis pas là pour pleurer. Je ne suis pas là pour crier. Je ne suis pas là pour mentir. Je ne suis pas là pour escroquer. Je ne suis pas là pour duper.

Dans la jungle, terrible jungle ...
Jay, tel une gazelle, n'est pas conscient du danger auquel il fait face.
Un lion.

Dans la jungle, terrible jungle ...
Un lion rode dans les parages et grogne, discrètement.
Mais la gazelle ne le remarque pas.

Trop occupée à se désaltérer dans le cours d'eau,
la tête perdue dans son reflet, comme celle d'une autruche dans le sable,
Elle continue sa journée, paisiblement, sans se rendre compte qu'un prédateur la guette.

– Tu m'avais promis que tout changerait, Jack. Tu m'avais promis que lorsque l'on arriverait ici, on aurait une belle vie.

– Kim ... Je t'ai menti. La vie telle que tu la connaissais ? C'est fini.

Les poils dans son cou se hérissent sans qu'il ne s'en rende compte. Il y a quelque chose dans l'atmosphère qui lui échappe et que, pourtant, son corps semble bel et bien avoir relevé. Son regard est fuyant, sa mâchoire, elle, scellée. Il réfléchit, sans réellement savoir à quoi, mais son corps ne ment pas. Les poils blonds qui recouvrent sa nuque ne se sont pas dressés pour rien.

Contrairement à la gazelle, le changement d'atmosphère, lui, il l'a remarqué.

Une vague de soulagement s'éprend du jeune homme lorsque le client lui confirme qu'il s'agit bel et bien du bon ouvrage. Jay ne saurait expliquer pourquoi, mais une sensation désagréable l'empêche de réellement pouvoir apprécier cet échange. Il ne saurait pas, non plus, expliquer quelle serait la définition de ce mot qui semble pourtant si important, dans cette situation:

DE
SA
GRE
ABLE
C'est cette sensation vertigineuse,
Celle qui prend aux tripes ou pend au coeur.
C'est quelque chose qu'on ne veut pas voir, ni entendre,
Quelque chose dont on ne veut pas se souvenir, ni se rappeler.
Tant bien que mal, on essaie de tout oublier ...

Mais ça prend aux tripes, ça pend au coeur,
Ça rend malade, ça porte malheur.

Ça laisse un goût amer en bouche, ça tâche et ça salit les moeurs.

On lui tend de l'argent, on lui offre la différence. Il fronce des sourcils et il plisse des yeux: Jay, ce n'est pas un homme qui aime ça, la charité. Et encore moins lorsqu'il a l'impression qu'elle n'est pas gratuite.

Tout a toujours un prix.
Rien n'est jamais gratuit ;
Il y a toujours un enjeu,
Jay, il a déjà payé suffisamment de frais.
Jay, il n'aime pas être endetté.

Ses yeux dévisagent rapidement le billet, celui qui ridiculise le prix du roman en doublant le montant ; celui qui ne veut rien et tout dire à la fois. Ce billet lui chuchote des secrets qu'il ne veut pas savoir, concernant son origine, d'où il vient, et pourquoi il en est arrivé là. Quelque chose dans la transaction ne lui convient pas. Peut être que le billet est trop vert. Ou alors il ne l'est pas assez. Ou alors c'est le livre qui était trop léger, avec des pages trop jaunies, et même, peut être, quelques pages cornées. Peut être qu'il a un épi sur la tête que personne n'a voulu lui faire remarquer ou que ses lacets sont détachés et menacent de le faire trébucher.

Ou alors ... C'est dans ce sourire.

s
o


u



r


i

r
e


Des dents jaunâtres,
Des crocs acérés,
La promesse du salut,
L'intention de dévorer.
Le grand méchant-loup n'a jamais été honnête.
Le chaperon et mère-grand se sont facilement faites duper.

C'est gentil, monsieur, mais je n'ai pas le droit.

Jay sourit à nouveau en ouvrant la caisse. Puis, avec la calculatrice, il fait les comptes, prépare la monnaie et la dépose sur le comptoir à l'intention du client. Il n'aime pas vivre sous l'impression que quelqu'un essaie de le contrôler ; encore moins dans celle qu'on tente de le manipuler. Jay, il croit en sa liberté. Son rêve américain, fièrement, il l'a brandi au dessus de sa tête sur une pancarte rouge au message sanglant. Il a revendiqué son droit pour une vie aussi belle que celle qu'il désirait ; une vie de simplicité, une vie d'honnêteté. Un honnête homme, travaillant dur, un honnêtement homme, sans mensonges, sans prétentions, sans secrets.

Quelque chose n'est pas honnête, dans ce magasin. Jay entend le sifflement strident du serpent, perfide, qui tente de se frayer un chemin à travers les hautes-herbes de la jungle.

La gazelle, aux aguets,
Est sur le point de s'échapper.

Mais pas Jay.
Coincé ici, emprisonné dans la librairie, son métier, ses responsabilités, l'obliger à maintenir une façade qui le met davantage mal à l'aise à chaque nouvelle seconde.

Sa gorge se noue; il sent comme un blocus au niveau de sa pomme d'Adam. Le voilà obligé de parler alors que son gosier est en train de se refermer sur lui-même. Le client annonce qu'il désire prendre congés et, impuissant face à ses obligations, Jay se retrouve contraint de répondre à sa dernière question, le sourire aux lèvres et les yeux emplis d'énergie :

Oui, je trouve aussi. Le patron a vraiment mis beaucoup d'énergie dans cette boutique, et je trouve que ça se ressent.

Un silence d'indifférence succède ensuite à son constat, suivi par une véritable réponse à l'interrogation du client.

En semaine, la fermeture est à dix-neuf heures trente. Le Samedi, on ferme à seize heures et demie. Le Dimanche, c'est fermé.

Ce discours, par coeur, Jay le connaît. Presque aussi bien que celui qu'il adresse au client afin de définitivement prendre congés de lui.

Au revoir, monsieur, et au plaisir de vous revoir bientôt ! Passez une excellente journée.

Lorsque Jay dit cette phrase, ou une de ses autres dérivées, il ne pense que rarement ce qu'il dit. En réalité, si le retour de clients est bon pour le chiffre d'affaires, cela lui importe peu sur un plan personnel. Aujourd'hui, cela dit, plus que l'indifférence, Jay ressent de l'appréhension.

Il ne veut pas se retrouver face à ce visage qui ne lui inspire plus confiance.
Dans les premières secondes, ça allait, mais ce billet a fait pencher toutes les balances.
Ce n'était peut être pas visible à l'oeil nu, mais il était lourd, ce bout de papier, et incroyablement chargé.

$ $ $ $ $ $ M $ $ $ $ O $ $ N $ $ $ $ $ $ E $ $ $ $ $ $ Y $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ I $ $ $ $ $ $ $ S $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ T $ $ $ $ H $ $ E $ $ $ $ $ $ R $ $ $ O $ $ $ O $ $ $ $ T $ $ $ $ $ $ O $ $ $ F $ $ $ $ $ $ $ $ $ A $ $ $ $ $ $ L $ $ $ $ $ $ $ L $ $ $ $ $ E $ $ $ $ V $ $ $ $ I $ $ $ $ L $ $

Le client le remercie, et Jay répond encore par un sourire.

Souris, souris ...
Au moins, ça, ce n'est pas vraiment mentir.

Jay observe l'inconnu s'éclipser à travers la porte de sortie avant de soupirer bruyamment et de faire glisser son poignet contre son front en guise de soulagement. Avec un peu de chance, la prochaine fois que ce client reviendrait, il serait moins étrange.

Ou alors,
Jay serait
Tout simplement
En vacances,
En congés,
Mais pas ici,
Pour l'aider.

__________________________________________


La grille se referme dans un claquement métallique.
Il contemple sa montre.

Vingt heures moins cinq.

La fermeture prend toujours un petit moment, de son expérience. Il faut s'assurer que personne n'est resté dans le magasin après la fermeture. Finir l'inventaire, faire les comptes, verrouiller la caisse, ranger les achats annulés ou rendus. À une époque, Jay n'assurait pas la fermeture. On ne lui faisait pas encore suffisamment confiance. À présent ... Il s'y retrouve contraint un jour sur deux.

Dire que cela ne le dérange pas serait mentir.
Dire que cela le dérange le serait tout autant.

Il apprécie les tâches qu'on lui attribue, ainsi que la confiance et la responsabilité qui viennent avec. Ce que Jay n'apprécie pas, c'est la fatigue et l'épuisement qui accompagnent systématiquement ses longues journées de travail.

Jay aimerait bien, pour une fois, ne pas avoir envie de s'endormir en arrivant chez lui. Tous les soirs, c'est le même refrain : il ferme la porte derrière lui et part se jeter dans son lit. Parfois, il ne prend même pas la peine de se changer ; il ôte ses chaussures et se laisse tomber sur le lit.

Une fois la grille verrouillée, il se met en route. Il lui reste une assez longue trajectoire et, s'il connaît le chemin par coeur, arriver à Staten Island une fois la nuit tombée ne le rassure toujours pas.

Les vieilles habitudes meurent difficilement ;
Lorsque la panique a laissé sa trace,
Celle-ci ne s'efface pas.
Indélébile, elle est ancrée en toi,
En moi, en lui, en eux ...

C'est la marque de la panique,
La peur de l'agression ;
La frayeur de mourir,
De disparaître, tout simplement.

Il hâte le pas, se dirigeant vers la station de métro, lorsqu'une main lui tape sur l'épaule.

Tu me parles, ou je te parle ?
Non, personne ne parle.
C'est les silences, entre les lettres des syllabes des mots de tes phrases, qui parlent.
Ils me racontent l'histoire de ta vie,
Et celle de ma mort.
Le secret dévoilé,
La vérité cachée...
Le silence, perçant, est plus fort encore que toute discussion.

Mais si c'était réellement toi, qui me parlait,
Et non l'illusion des instants vides entre tes mots?

Se retournant subitement, ses yeux s'écarquillent lorsqu'ils se retrouvent face au client de plus tôt.

... Vous?!

Jay ne sait pas quoi dire.

Il n'a pas pour habitude de voir le même client, deux fois. Certainement pas deux fois dans la même journée. L'homme lui signale qu'il arrive tard, et si Jay feint l'indifférence, une part de lui connaît déjà sa triste vérité. L'homme a une plainte vis-à-vis du livre que Jay lui a vendu, plus tôt, et désire impérativement un remboursement, à présent. Ou quelque chose dans le genre.

Et si Jay essaie de ne pas le montrer, au fond, il est bien embarrassé. Il avait des tortellini aux épinards et à la crème de soja qui l'attendaient dans le réfrigérateur, et un estomac grognant qui attendait ce rendez-vous. Jay ne pouvait pas perdre son temps à rouvrir la boutique pour gérer un échange ou un remboursement.

Au fond de son esprit,
C'est la voix du patron qui résonne.

"Le client est roi, roi, roi et encore roi.
S'il vous demande de sauter d'un pont,
Vous le faites, sans hésiter."

Il est pas méchant, le patron,
Ce n'est pas d'sa faute s'il n'a d'yeux que pour l'argent.

Jay s'apprête à demander au client s'il pouvait l'aider lorsque celui-ci lui explique la raison de son retour tardif. Si Jay feint la compréhension, toutes les cellules de son corps, elles, trahissent son indignation.

Il ment.

Jay le sait, car Jay ne boit pas de café, à la librairie. Ni de thé. Jay ne boit que de l'eau, et encore, lorsqu'il le fait, il fait attention.

Chaque livre, précieux, lui reviendrait cher au moindre dégât. Il n'a pas les moyens pour se permettre de telles inattentions. Alors il surveille toujours la moindre de ses actions.

Mais "Le client est roi, roi, roi et encore roi."

Et Jay n'a pas la force de protester ce soir.
Ses yeux s'abaissent, il expire bruyamment.

... Je vois.

Se mord la lèvre, souffle, puis réfléchit un instant.

Je ne comprends pas. Tous nous livres sont traités avec énormément de soin et ... Je suis désolé.

Sa confusion n'a pas à être faussée : Jay n'a jamais eu d'émotion plus sincère. Il ne comprend effectivement pourquoi pas son interlocuteur a eu l'idée de mentir alors qu'il savait pertinemment que seul le client aurait pu renverser quoi que ce soit sur l'ouvrage. Néanmoins, il ne dit rien. S'il avait eu l'aspiration de comprendre les gens, il aurait fait psychologue, et non libraire.

En attendant, Jay, confus et affamé, ne sait pas quoi faire.

Je suppose que vous êtes venus pour un remboursement ?
Il s'aventure finalement, essayant tant bien que mal de masquer son découragement d'épuisement.
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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:25

WORK
WORK
WORK
WORK

WORK

WORK

____________________________

Les yeux sont le miroir de l'âme.

Et lui ? A-t-il une âme, cachée dans ces iris sombres et énigmatiques ? Voilées de mystère, ses pupilles gardent jalousement tous ses secrets. Rien ne filtre à travers les rideaux de sa vue. Imperméable, il demeure, insaisissable. Le découvrir, le déchiffrer ?

Personne n'a jamais réellement réussi à le cerner.

Ils essaient. Ils cherchent, des bribes de vie, des bribes du passé. Tout ce qu'ils obtiennent, cela dit, est bien moins enrichissant. Des émotions brutes, abruptes, à l'état pur, peu raffinées. Des réactions immédiates aux évènements rencontrés dans une journée. Jay ne se dévoile pas. Si sa surprise, sincère, crèverait des yeux, les subtilités de son être sont protégées avec précaution.
____________________________

C'est sombre. Et accueillant. Ça donne envie. Ça s'éclipse, dans l'ombre. Il y a de la chaleur. Et la solitude, étouffante. C'est au fond de l'âme, dans un coin de l'esprit. C'est en toi. Ça vit. Ça grandit.
____________________________

La surprise de Jay trahit autre chose, en réalité: son incompréhension. Et, surtout, sa confusion. Face à ce client insistant et bruyant. En soit, il ne parle pas très fort. Mais quelque chose dans son attitude est bruyant, pour Jay. C'est dans ces regards trop intenses, ou dans cette voix trop fière. La carrure imposante, les bras croisés, l'allure de paon.

Jay a senti qu'il y avait quelque chose d'étrange, dans l'air. Mais il ne saurait expliquer cette odeur particulière qui lui laisse en bouche un amer arrière-goût. Le client refuse un remboursement et l'étonnement de Jay, déjà transparent, devient alors entièrement translucide.


Ta surprise peint ton visage
De couleurs sombres et effacées
Elle décore tes pensées
Avec des draps tâchés
Ton étonnement ronge tes songes
Ton esprit et tes pensées
Ton incompréhension te hante
Tu aimerais t'en débarrasser.

Avec cette incompréhension qui lui sert d'accessoire vestimentaire,
Il s'apprête à interroger ce client plutôt particulier.
"Alors pourquoi être revenu ici ?"
"Qu'attendez-vous ?"
"Que cherchez-vous, exactement ?"

Mais avant que Jay n'ait le temps d'ouvrir la bouche, il exprime ses intentions.

Racheter un exemplaire plus.. exploitable !


Décontenancé, Jay a l'impression de perdre sa mâchoire. Payer deux fois pour le même livre ? Voici donc une idée qui ne lui aurait jamais traversé l'esprit. Même s'il avait les moyens de s'acheter un exemplaire du livre, en premier lieu. En tant que vendeur, cette réponse lui pose également problème. Il se gratte le crâne, embarrassé ; regarde ses chaussures et prend le temps de trouver ses mots.

C'est que ... Je ne sais pas si on en a encore.


Il avoue, finalement, d'un ton dépité.

Je peux vérifier, cela dit ...


Dans ses pensées, le souvenir de ses tortellinis s'efface petit à petit, se transformant éventuellement en écho, avant de disparaître, absorbé par le sillage de son ventre affamé.

Je vais voir ce que je peux faire mais je ne garantis rien.


En disant cela, il déverrouille le cadenas du magasin avant de soulever la grille coulissante vers le haut et d'insérer sa clef dans la serrure de la porte d'entrée. Une brève excursion dans les rayons plus tard, Jay revient, affichant une expression désolée malgré lui.

À son retour, le client lui annonce qu'il n'a pas à s'inquiéter car il comptait bien "le payer". Mais Jay est honnête homme. Son patron, il le connaît par coeur. Les remboursements sont faits avec le sourire, les échanges également. Lorsque la librairie est en tort, certes. Mais si Jay est convaincu, à mille pour cent, que le livre était en condition excellente lorsqu'il l'a vendu, plus tôt dans la journée ... Il accepte sa part de responsabilité dans l'histoire et accorde, au monsieur inconnu, le bénéfice du doute.

Il est revenu jusqu'ici, après tout ...

Et un homme prêt à acheter le même livre deux fois ne peut pas être malhonnête ... Si ?

Je suis navré, monsieur, mais il semblerait qu'il s'agissait là du dernier exemplaire. On peut essayer d'en commander un autre, si vous le voulez réellement ?


Il lui demande, sur un ton calme et agréable.

Et ne vous inquiétez pas avec ces histoires de paiement, lorsque nous vendons un livre défectueux nous tenons à rectifier notre erreur au mieux de notre capacité. C'est une des règles de "la maison".


Un sourire chaleureux ensoleille ses lèvres fines et légères.

Le client s'excuse à nouveau, et Jay, plus professionnel que jamais, essaie de feindre une compréhension qu'il ne possède, en réalité, pas vraiment.

Ce n'est pas grave. Je venais littéralement de fermer boutique, de toutes façons. Et puis, si c'est un livre dont vous avez besoin pour votre travail ... C'est compréhensible qu'il vous le faut le plus vite possible.


Et alors, on lui parle de voiture. En refermant la porte (puis, la grille et le cadenas), Jay informe son interlocuteur que la station de métro la plus proche n'est qu'à dix minutes, à pied.

Tout le monde n'a pas la malchance de conduire, dans cette ville.


Il s'aventure pour finir dans la plaisanterie, étant plus qu'habitué aux embouteillages qui pullulent dans chacun des quartiers de sa ville adoptée. S'il n'a ni les moyens de se financer un permis ni une voiture, ces embouteillages lui ont tout sauf confirmé qu'il ne ratait pas grand chose.

Un

sera

viendras

jour

toi

me


ce

qui

chercher
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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:25

C'est beau.
C'est dangereux.
Merveilleux.
Douloureux.
La lumière ...
Qui m'emporte,
Qui m'aveugle,
Qui me tue,
Qui m'isole.
Prends moi.
Laisse moi.
Frappe moi.
Aide moi.
Abandonne moi.

Ne m'oublie pas.
____________________________


Ses pas le guident ailleurs, loin de son interlocuteur. Il n'a pas envie de confronter ce regard luisant et ces lèvres sournoises. Quelque chose dans l'air le met mal à l'aise, sans qu'il ne comprenne pourquoi. Il se sent observé, comme un animal en cage. Il n'aime pas ça.

Un, deux, trois quatre,
Des bouquins, partout, partout,
Des bouquins, autour de toi.

Cinq, six, sept, huit,
Tu avances, tu recules,
Tu marches, tu languis.

Neuf, dix, dix, neuf,
On remonte,
Le temps, la vie, le passé, la mémoire.

Lumières.

Noir absolu.


Il sait exactement où trouver l'ouvrage, l'ayant ramassé plus tôt dans la journée. Il espère également s'être trompé ; qu'il restait un deuxième exemplaire qu'il n'avait pas remarqué, plus tôt. En vain.

Ils se bousculent, tes clients
Ils ne me passent même pas le bonjour
Certains ne me regardent pas
D'autres me regardent trop

C'est comme si je n'existais pas
Je suis un objet, un meuble
Je peuple leurs vies, j'existe pour leur servir
Un autre pantin, sans aucune identité.

Il ne trouve pas le livre.
Ça le soulage.
Un peu.
Et ça l'effraie
Beaucoup.

de quoi as-tu peur ?
je suis inoffensif, tu sais
je marche dans ton ombre, je rode, je te guette en secret
je suis ton chemin, mes pas suivent les tiens,
je te surveille, je suis aux aguets

de quoi as-tu peur ?
ce n'est pas comme si j'allais te manger
toi et ton visage élancé
toi et ta corpulence sculptée
de quoi as-tu peur ?

je ne suis pas la mort,
je ne suis que la vie
une bribe de joie ou de bonheur
débarquée de nulle part,
venue à toi, pour te réjouir.

de quoi as-tu peur ?


Jay a peur que le client ne prenne pas "non" comme réponse.
Qu'il insiste, malgré ses protestations.
Qu'il refuse de l'entendre, ou de l'écouter, lorsqu'il lui annoncera la mauvaise nouvelle.
Que Jay soit contraint de céder à des requêtes folles et insensées, auxquelles il n'a pas envie de se plier.
Le libraire ne désire pas s'éterniser dans cette librairie pour le plaisir de monsieur
Occupé à tapoter sur un clavier à la recherche d'un nouvel exemplaire
Puis à attendre qu'il revienne, avec le sourire, la queue entre les jambes, sans personnalité.

S'il n'est pas méchant, il n'aime pas qu'on lui marche sur les pieds.
Ce métier est un entonnoir qui le contraint de filtrer ses émotions, continuellement, éternellement.
Le jour, il est libraire. La nuit, il est lui.
Avec le temps et les années, les deux notions ont fini par se mélanger, se diluant l'un dans l'autre dans une fusion terrible exquise.

Un velouté de chaleur et de distance,
Un ragoût de politesse et de froideur,
Une bouillabaisse de charme et de maladresse,
Une terrine de sincérité et de fausses-vérités.

Le client-roi déclare qu'il reviendra. Et Jay n'a pas son mot à dire. Impuissant, sans défenses, le voilà, obligé de se plier, de se courber, de se prosterner, malgré lui.

Vous êtes sûr ?

Malgré lui, le libraire finit toujours par ressortir, à un moment ou à un autre. Il peut essayer de le réprimer autant qu'il le désire, cela ne change rien au fait que cet aspect de lui revient systématiquement au galop. L'homme est tellement habitué à tenir la caisse et à faire les comptes qu'il serait difficile de réellement savoir si son identité repose davantage sur son passé ou son métier. Le client s'efforce de répéter ses mots, et Jay se sent se refermer davantage sur lui-même. Comme un serpent, au fond de son estomac, qui se transforme en coquillage, tant il est recroquevillé en boule.

p o s i t i o n . f o e t a l e

They can say
Anything they want to say
Try to hold me down
But I will not allow
Anyone to succeed
Hanging clouds over me

And they can try
Hard to make me feel that I
Don't matter at all
But I refuse to falter
In what I believe
Or loose faith in my dreams

Cause there's
A light in me that shines brightly
They can try
But they can't take that away from me.


C'est la lumière de l'âme.
Une étincelle, qui ne s'éteint pas.
Une étincelle, qui ne meurt jamais.
Éternelle.

Cette lueur, quelqu'un cherche à la démasquer.
Menacée, elle appuie sur l'interrupteur, le plongeant dans une obscurité des plus totales.
Son identité, tapie dans la pénombre, s'assoupit.

Plus tu creuses,
plus je m'enfuis.
Plus tu me cherches,
plus tu m'ennuies.

Il y a un réel effort pour tenter de percer à travers le voile de ses mystères qui ne l'induit pas forcément en confiance. Savoir s'il aime les cerises ou les fraises, alors qu'il préfère plutôt les oranges et l'ananas, ça n'a rien à voir avec son emploi. Comprendre pourquoi il aime bien regarder le baseball et le football, mais ne supporte ni le tennis, ni le soccer, ni le basketball, n'a aucune incidence sur sa carrière. Démasquer, déceler, révéler l'homme dans le libraire ... Jay ne comprend pas.

L'homme se cache. Il se referme. L'homme est Jay, mais il n'est pas là.
Il ne donne jamais de lui sans avoir une excellente raison.
Jay, c'est une pierre précieuse, une perle rare, une roche unique.
On ne le trouve pas par hasard. Quand on le découvre, on ne l'oublie pas.

Le client parle des métros, et de leur réalité sombre et grotesque.
L'odeur de la pisse, les rats nus qui se promènent sur les quais, de temps à autre, lorsque l'envie de se donner en spectacle leur vient en tête.
Les gamins, qui mangent de la nourriture absolument dégueulasse, suintante, collante, dégoulinante de partout,
et les adolescentes qui se partagent les potins comme des cartes de collection, dans le wagon, comme de la monnaie courante
La cacophonie de sons, l'océan de couleurs, la vague de chaleur, l'inévitable transpiration
La raideur des jambes, l'obligation de rester debout, de céder place aux vieux, d'être coincé dans cette mer de corps, planté comme un piquet
Collée entre la mamie qui sent la rose fanée,
Le hipster qui sent la marijuana coupée au tabac,
Le quadragénaire, au parfum naturel promotion quatre fromages

Les lumières clignotantes, le wagon grinçant, bruyant, agité, qui bouscule et remue, et balance les gens les uns sur les autres, parfois créant des tensions entre Jay et un gros dur qui essaie de faire sa loi et de marquer son territoire.
Les pannes, les correspondances annulées, les trains qui s'arrêtent sans aucune raison, entre deux stations, en plein milieu du trajet ...


Au fond de lui, Jay ne rêve que de climatisation et d'un environnement silencieux.
Il se voit déjà, mal à l'aise, à l'étroit, enfermé dans cette véritable cage à corps, obligé d'attendre, désespérément, d'être enfin de retour chez lui. Le trajet, il le connaît par coeur, il le fait tous les soirs, et tous les matins.

Puis, la marche, effrayante, déconcertante, secouante, désagréable, effectuée sur le chemin du retour, de la station à la maison, dans le noir, dans le silence, avec comme seuls bruits le chuchotement d'un couple inquiet ou les rires envahissants d'ivrognes bourrés

Je
non
sauve
moi
emporte
moi loin
de cet enfer que je vis

Une proposition.
Qui lui tombe dessus et brise ses appréhensions. Ou plutôt, un ordre. Une affirmation. "Je vais te ramener chez toi."

Et un Jay, qui ne sait pas comment réagir, face à cette situation.

Je veux
Je ne veux pas
Ce serait bien
Mais pas prudent
Ou plus prudent ?
Je ne sais pas
Arghl

sf
dgffhgh
fg
d
.

et je meurs sur mon clavier

Je ...

Des flashs, des sons, des images.
Les odeurs du wagon, le jus d'aisselle.
La mamie qui sent plus le pourri que le pot-pourri.
Les hommes menaçants, les femmes menacées
Cette atmosphère désagréable et malsaine, ce train, qu'il ne remarque plus tant il s'y est habitué

Ou une voiture, confortable
Potentiellement des sièges en cuir
Une odeur neuve, ou déjà vécue
Du jazz sur la radio, ou pas de musique, c'est bien aussi

Long Island, qui se rapproche, avec des fenêtres, cette fois-ci, et une vue sur autre chose qu'un éternel gouffre noir abyssal


Et


Et


Et


Et


C'est gentil, mais ça ira. Ça vous ferait faire un trop grand détour, de toutes manières.

Le monsieur professeur a les moyens de conduire, et sans doute ceux de ne pas vivre à Staten Island. Il vit probablement ici même, dans le Brooklyn. Ou alors, plus haut encore. Le fameux côté de l'Upper-Est.

Le client ne se dégonfle pas pour autant. Il faut l'admettre, cet homme a de la persévérance. Une insistance entêtante qui pourrait en agacer certains. Jay, ça le laisse de marbre. Il n'est pas souvent touché par l'attitude des autres. Sauf lorsqu'il y a réellement un enjeu. Il a trop perdu pour pouvoir fermer l'oeil lorsqu'il y a un enjeu sur la table.

Jay a une minute.
60 secondes, et il réfléchit.



60
59, 58, 57 ...
Que faire ?
56, 55, 54, 53 ...
Que dire ?
52, 51, 50, 49, 48 ...
Que penser ?
47, 46, 45, 44, 43, 42, 41 ...
Comment réagir ?
40.
Et tu réfléchis.
39, 38, 37 ...
Mesure le pour et le contre. Réfléchis.
36, 35, 34, 33, 32, 31, 30 ...
Tu clignes des yeux. Tu réfléchis.
29, 28, 27 ...
Ton temps est presque entièrement écoulé, Jay.
26, 25, 24, 23, 22, 21, 20 ...
Un wagon moisie ou une voiture espacée ?
19, 18, 17, 16, 15, 14, 13, 12 ...
Avec des fenêtres qui s'ouvrent et de la compagnie pas trop désagréable
11, 10, 9, 7, 6, 5, 4, 3 ...
Ou alors de la mauvaise compagnie ? Qui sait ?
2, 1 ...
Alors, qu'en sera-t-il?




0.


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MessageSujet: Re: Blue jay. .....   Lun 20 Juin - 1:27

sweater ;
1. A knitted garment worn on the upper body, typically with long sleeves, put on over the head:
"a close-knit wool sweater for icy weather"

Icy water, Icy weather,
Weather, weather ...

Sweater weather ?
Too cold. Here. Now. How. Hands. Holes. Sweater.
Too cold.


La librairie n'est pas bien grande, mais elle n'en reste pas moins confortable. Des étagères, remplies de bouquins, un peu partout, décorent la salle, les murs, les allées ... De tranches multicolores, aux lettres grandes, grosses, fines ou dorées. L'odeur y est croustillante et craquante, mêlant la senteur du papier neuf à celui plus usé, rapé par des doigts sales enduits de confiture ou d'eau minérale.

Jay avait souvent parcouru les livres sur cette étagère, par le passé. Son premier contact avec ce lieu avait été de feuilleter un ouvrage dans le rayon "Histoire". Il s'agissait d'un livre sur l'Egyptologie, broché, à la couverture dorée.

Les aventures des pharaons,
Sous le soleil tapant,
Près du rivage du Nil,
Loin de la chaleur étouffante du Sahara.

Cléopâtre, Nefertiti, Isis, Sekhmet ...
Des reines, ou des déesses ?
Petit à petit, les frontières entre le réel et l'irréel,
Finissent inévitablement par se brouiller.

Ça se fusionne, ça se mélange.
Le roi devient Dieu.
Le Dieu devient roi.
Et Jay, dans tout ça ?

Ses doigts rugueux avaient caressé la page lisse ; son esprit agité avait cessé de cogiter, l'espace d'un instant, face à l'étagère. C'est ce jour là que Jay avait compris qu'il n'existait aucun meilleur endroit, pour lui, que cette librairie.

Dans les bras de mon roman,
J'oublie tous mes soucis.

Entre les lignes de mon roman,
Je perds tous mes ennuis.


Cinq ans plus tard, le voilà, le voici.
Toujours aussi perdu, rongé par ses ennuis.
Mais à l'aise, dans ce lieu qui lui sert de sanctuaire.
C'est le roi de l'inventaire et le Dieu de la caisse.
Il sourit aux clients et leur rend la monnaie. Dans ce pays, Jay, c'est le maire. Et son patron, le président. Il se sent à l'aise dans ces responsabilités qui lui vont comme un gant. Il a même le droit d'assurer la fermeture du magasin, à présent, un honneur qu'il ne prend pas à la légère.

Tous les soirs, il fait sa ronde, comme les loups dans le village,
Avant de verrouiller la porte à clé.
Il vérifie qu'aucun livre n'a été oublié par terre ou qu'aucune mauvaise surprise ne l'attend entre les rayons. Une barre de chocolat fondue, une bouteille d'eau renversée. Il surveille, Jay, en tant que brave et responsable monarque. Il s'apprête à rebrousser chemin lorsqu'il entend une respiration timide et des pages, qui tournent lentement. Curieusement, il se rapproche de ce coin minuscule, vers le fond de la boutique, dans lequel il ne s'aventure pratiquement jamais la journée mais que les clients semblent adorer. Une fois l'heure de la fermeture arrivée, cela dit ... Il lui arrive parfois de s'y perdre. Lui, et le bouquin qu'il aura choisi de dévorer, ce jour là.

Une explosion de poufs et de fauteuils multicolores l'attend, dans ce coin au calme inviolable. Des pancartes gravées "Zone silencieuse" ornent les murs et les meubles de ce secteur de l'arrière-boutique. Il s'apprête à ramasser le premier ouvrage qui l'intrigue sur l'étagère des nouveautés lorsqu'une nouveauté à laquelle il ne s'attendait pas attire son regard. Assise sur un fauteuil, entièrement plongée dans un roman, se trouve une fille. Jay ne sait pas si la fille lit le roman ou si le roman est celui qui lit la fille. Gêné, il n'ose pas déranger cette scène qui relève presque du rituel, à ses yeux.

Lorsque je lis, plus rien ne peut m'arrêter.
Je m'élève au delà du monde,
Je transcende la réalité.
Je me retrouve dans un univers où tout est merveilleux,
Et ou rien n'existe.

Une réalité irréelle.
Oxymore délicieuse, douleur exquise.
Contradiction merveilleuse.

Et mes voisins parlent, dans leur sommeil.

La jeune fille relève alors ses yeux et le regarde, avant de s'affoler. Il sourit en coin, Jay. Elle ne semble pas bien méchante, elle ne semble pas bien dangereuse, la demoiselle au livre. Du coin de l'oeil, il essaie de voir le titre. Jane ... Eyre ? Et le souvenir du bouquin qu'il avait vendu plus tôt dans la journée lui revient alors en tête.

Ce n'est pas grave.

Il rit un peu, amusé.

Ça m'est déjà arrivé.

Une confession. Un secret partagé. Il se gratte les cheveux, timidement. Il ne sait pas trop pourquoi il lui a fait cet aveu. Jay, comme une huître, protège ses secrets, perles nacrées de son passé.

Il ne lui arrive jamais de les donner, gratuitement.
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