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 hadeon_fox ÷ birds in hell [extended] [8o%]

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MessageSujet: hadeon_fox ÷ birds in hell [extended] [8o%]   Sam 22 Sep - 1:57

hadeon seth fox
the black dog runs at night



○ âge › 28 ans ○ date et lieu de naissance › le 13 juillet 1990, à 00:01 ; Blackwater Falls. ○ profession › Sans emploi : interné dans un hôpital psychiatrique à Calgary. ○ situation amoureuse › En proie aux baisers possessifs de sa propre folie. ○ orientation sexuelle › Attiré par la mort, le macabre et le morbide. ○ situation financière › Sans famille et sans histoire, sa survie est aux dépends du gouvernement et de l'argent des contribuables. ○ groupe › Long walk home. ○ avatar › Michiel van Wyngaarden. ○ crédit › Gifs trouvés sur Google
○ pseudo › vainglorious. ○ et à propos de toi ? › tout et rien, le désir d'écrire, le besoin d'apprendre, l'envie de découvrir. ○ comment t'es arrivé ici ? › en jouant à saute mouton de page d'accueil en page d'accueil. ○ un dernier mot ? › un, ou plusieurs. écrire ici.
≡ recensement avatar.
Code:
<bottin>michiel van wyngaarden</bottin> ❖ <bott>hadeon fox</bott>

≡ recensement personnage.
Code:
❖ hadeon fox
silencieux – calme – réfléchi – calculateur – froid – distant – absent – lunatique – sombre – inquiétant – obsessionnel – sauvage – violent – intrépide – impitoyable – farouche
Un bourdonnement incessant. C'est le cri de l'effroi. Celui qui t'accompagne, jour et nuit, jusqu'aux limbes de l'inconscience. L'effroi d'un homme, ou d'une femme, ou d'un enfant ... Le délectable effroi d'un inconnu qui t'invite chaleureusement à ravager son innocence et dévorer son âme pour mieux éterniser ses souffrances. Le bourdonnement est calme. Discret. Timide. Comme toi. Mais omniprésent. Il te hante, comme un refrain qui t'entraine encore et toujours plus profondément dans les catacombes abyssales de ton âme. Il t'accompagne, quoi que tu fasses, où que tu ailles, qui que tu rencontres. C'est le berceau de la folie qui est née en toi il y a toutes ces années. Elle aussi t'accompagne partout, comme une meilleure amie. Elle te sourit et te tend la main avant de l'attraper et de t'entrainer vers un territoire inconnu dont personne ne revient jamais indemne. Toi, tu n'en es tout simplement jamais revenu. Encore et toujours, tu t'enfonces, dans les lubies et les pulsions que t'inspirent ton esprit. Tu aurais aimé pouvoir crier, tu aurais aimé pouvoir demandé à ce qu'on te sauve. Tu n'as jamais su émettre le moindre son. Seul face à ce bourdonnement qui te hante, depuis toujours. Qui se lèche les babines en se délectant de ta propre peur. Ne sois pas timide, garçon. Abandonne toi à moi. Tu as cherché à lui resister. Il te faisait rager, au plus profond de ton être, au point d'y voir rouge et de perdre connaissance. Dans ton incompréhension, tu te rebellais contre toute forme d'opposition, sans la moindre nuance, sans la moindre distinction. Une insulte dans la cour de récréation. Une punition de trop, à l'école. L'absence, toujours aussi pertinente, toujours aussi douloureuse, des parents que tu n'as jamais connus. Tous ont su te faire voir rouge là où les autres n'auraient vu que le calme avant la tempête. Toi tu n'étais que braise. Toi tu n'étais que flamme. Tu n'as pas apprivoisé ta folie : c'est elle qui t'a dompté. Elle t'a tendu une muselière et t'a dit de la porte et tu t'y étais plié, sans demander ton reste. Un coup de poing par ici. Une morsure par là. L'expression la plus pure et sincère d'une souffrance que tu ne savais pas partager autrement. Personne n'a jamais compris pourquoi tu en partageais autant, avant tant de générosité. Personne n'a jamais cherché à comprendre le poison qui affligeait ton esprit. Le bourdonnement est encore là, aujourd'hui. Ça fait vingt huit ans et trois mois, à présent. Toujours incessant, toujours omniprésent, avec les années, tu n'as pas su le calmer, et encore moins l'assouvir. Tout ce que le temps t'a appris à faire, c'est à t'y plier et à t'en délecter. Maintenant que tu la comprends, cette croix que tu portes sur ton épaule et qui te scie les omoplates, la souffrance qu'elle entraine t'es devenue délicieuse.

○ quelle est ta position par rapport au surnaturel ? › Si un mot existe pour résumer ton existence, ce ne serait certainement pas le suivant : normal. Tout ce qui te définit est en dehors des normes. En marge des conventions. Tu n'as pas besoin de croire au surnaturel : à tes yeux, ton existence même en est preuve. Comment, sinon, justifier ces démons intérieurs qui te rongent en permanence, au point de te donner des démangeaisons tant que tu n'auras pas assouvi tes pulsions les plus malsaines ? Tu as tenté de satisfaire tes instincts les plus basiques en te battant au sang avec quelqu'un, un jour. Les réprimandes et les sanctions qui s'en sont suivies ont été particulièrement rudes. Elles, tu ne les as pas aimées. Mais frapper, encore et encore, aveuglé par la rage et par la vision d'un visage inanimé, ce même visage que tu assenais de coups, un filet de sang au coin des lèvres ... Tes démons s'en s'étaient retrouvés satisfaits, au point de se calmer quelques temps. Depuis, tu as compris qu'il ne faut pas aller dans le sens contraire aux moeurs – bien que cela soit le seul sens dans lequel tu sais avancer. Alors tu as fait un compromis : tes démons, tu leur fais des offrandes. Lundi, un oiseau abattu à coups de pierres. Mardi, un chat étouffé de tes mains nues. Mercredi, quelques lacérations de plus sur ton poignet. Pour calmer leurs désirs et satisfaire tes pulsions. Tu n'as pas besoin de croire au surnaturel : tu es persuadé qu'un démon te hantes. L'alternative est bien trop effrayante pour que tu puisses accepter d'autres explications. Pour ce qui en est des créatures surnaturelles tels que les vampires et les zombies, tu ne t'es jamais vraiment penché sur le sujet : dès que tu rencontres quelqu'un, te voilà à fantasmer sur sa mort. À tes yeux, le monde est peuplé de morts-vivants.

○ 13 juillet 1990 › naissance à Blackwater Falls. ○ 15 juillet 1990 › retrouvé sur les marches du perron de l'orphelinat de Blackwater Falls. ○ 1995 › apparition de ses premières "visions" suite à une négligence de la part des éducateurs : Hadeon est tapi dans un coin de la salle pendant que l'un d'eux regarde un film slasher particulièrement violent à la télévision. ○ juin 2001 › premier broyage de cervelle de pigeon. ○ octobre 2003 › arrivée de "la nouvelle fille" à l'orphelinat. ○ décembre 2003 › premières scarifications. ○ janvier 2004 › "la nouvelle fille" trouve une famille d'accueil et quitte l'orphelinat. ○ 30 juin 2008 › "la nouvelle fille" revient à l'orphelinat de Blackwater falls. ○ 07 juillet 2008 › le cadavre mutilé de "la nouvelle fille" est retrouvé dans la cave de l'orphelinat de Blackwater Falls. ○ 10 juillet 2008 › L'ADN d'Hadeon Fox est retrouvé sur le cadavre de "la nouvelle fille". ○ 14 juillet 2008 › Diagnostiqué avec de forts "troubles psychiques", Hadeon Fox ne peut pas être considéré comment étant responsable de ses actes au moment du crime. Son mutisme rend toute possibilité de procès impossible. ○ 17 juillet 2008 › Condamné à l'internement involontaire dans le département psychiatrique du Peter Lougheed Center, à Calgary, Hadeon se voit contraint de consommer un cocktail de drogues puissantes. ○ Automne 2017 › Hadeon Fox n'a toujours pas quitté le Peter Lougheed Center et continue d'être traité pour sa psychose. Cela fait neuf ans qu'il n'a pas pensé par lui même.
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MessageSujet: Re: hadeon_fox ÷ birds in hell [extended] [8o%]   Sam 22 Sep - 1:59


i'm a dragon,

you're a
w h o r e

don't even
know


what you're good for.

_________


Le chant du mal. La promesse de la haine. Ils t'accompagnent dans tes mésaventures depuis ta plus tendre enfance. Comme les parents que tu n'as jamais eux, ils te bercent dans le cocon de leurs bras.

À chaque rencontre, une nouvelle histoire. Certains verraient un univers entier de possibilités dans un regard, un océan d'idées dans un sourire. Toi, tu ne vois qu'une chose : la mare de sang et le corps gisant. En un regard électrifiant, ton corps se raidit et l'éclair blanc surgit pour t'emmener ailleurs. Ça ne dure jamais très longtemps. Une seconde, ou deux, comme une vision de l'enfer, ou un fruit de ton imagination. Ce n'est jamais très précis, non plus : les détails sont flous, le réalisateur ayant favorisé un cadrage atmosphérique sur le visage tétanisé du cadavre à une vue d'ensemble sur le décor. C'est un parti pris. Au début, cela t'effrayait. Tu ne comprenais pas ce que ces éclats voulaient signifier ni ce qu'ils symbolisaient. Tu t'étais toujours demandé pourquoi ton cerveau était frappé par ces hallucinations qui te hantaient au point de te couper l'appétit et de te provoquer des insomnies. Ton visage criblé de cernes était dévoré par ces questions qui t'obsédaient : pourquoi ces gens sont tous morts et vivants ? Tu avais vu leur mort. Tu avais entendu les pleurs, ou les cris étouffés, les sanglots et les hurlements d'effroi. Tu avais senti le poignard dans le coeur et la douleur hoquetante qui embrasse avant de consumer. Tu avais vécu leurs morts, comme si tu étais là, avec eux, main dans la main. Mais tu n'avais pas été avec eux. Et ils n'étaient pas morts. Et tu n'avais rien vu, au final.

L'on pourrait croire que tu as simplement une imagination débordante et une fascination morbide. Ce serait une conviction bien naïve et infantile. Tes projections te viennent comme des démangeaisons. Elles s'éprennent de toi et te dévorent, constamment, jusqu'au jour où il n'y aura plus rien à ronger. À l'heure actuelle, tu n'es plus vraiment grand chose, si ce n'est une coquille vide, sans rêves ni convictions. Pourtant, tu leur suffis encore. Elles n'ont jamais cherché à s'enfuir, à trouver un autre hôte, à te donner le souffle de répit que tu cherchais pourtant si désespérément, toutes ces années auparavant.

Depuis, tu t'es livré à elles.

Pour combler cette soif de réponses qui n'était jamais assouvie, tu t'es mis à réévaluer ces visions. Tu t'es mis à agrandir le décor et à bouger la caméra. Au delà du visage meurtri par les bleus et les coupures, tu voyais maintenant tout. Des os brisés. Une tête décapitée. Un membre en moins, parfois deux, parfois trois. Une gorge sauvagement déchirée. Un corps paralysé par l'asphyxie. Les circonstances changeaient, en fonction de tes humeurs et de tes inspirations du jour, mais l'idée globale restait la même : toutes ces personnes finissaient mortes. Toutes. Sans exception. La réceptionniste du centre d'accueil. La bibliothécaire de l'école. Le vendeur au magasin de bonbons. Il t'offrait un chocolat gratuit car tu n'avais pas l'air bien méchant mais tout ce que tu pouvais voir, derrière son sourire chaleureux et ses airs bienveillants, c'était la scie qui fendait en deux son corps, à l'horizontale.

Tu ne te souviens plus du jour où tout cela a commencé. Tu ne te souviens de rien, en vérité, si ce n'est la soif qui te hantes depuis l'arrivée de ces idées ténébreuses. Elle se manifeste sous plusieurs formes, cette soif qui te possède et qui te guide, parfois malgré toi, parfois avec ta pleine coopération. Certains jours, le corps que tu imagines git bel et bien à terre, mais le couteau est dans ta main. D'autres, elle se manifeste par le biais d'une voix dans tes songes.

Kill, kill, kill.

Tu te bats depuis des années avec cette curiosité morbide qui te pend aux tripes. En vérité, tu y as rapidement cédé grâce à la négligence des éducateurs et aux cailloux jonchant les sols de l'orphelinat. Un jour, un pigeon avait eu le malheur de choisir de s'installer face à toi. En silence, tu l'as observé. Tu imaginais toutes les meilleures façons de t'en débarrasser. Lui romprais-tu le cou, le piétinerais-tu ? Le gaverais-tu de graines, jusqu'à ce qu'il en étouffe ? Tant de possibilités que déjà, la laideur de tes entrailles s'en délectait. Tu n'as pas agi sur ces désirs, le premier jour. Tu te contentais d'attendre et d'étudier, jour après jour. Un nouveau pigeon, une nouvelle histoire. Une nouvelle méthode. Jusqu'au jour où ton imagination ne te suffisait plus et qu'il te fallut découvrir par toi même ... La vérité ? Au final, il ne pouvait y avoir de plus forte vérité que la mort. Rien n'était plus sincère qu'une condamnation à laquelle il était impossible d'échapper. Lorsqu'il fut temps pour toi de passer à l'acte, tu ne pouvais être davantage préparé. Armé d'une simple pierre, tu l'avais étudiée, cette méthode. Tu t'étais mis à l'idée de saisir l'oiseau par le cou et de le poser à terre, avant de le frapper, de toutes tes forces, avec le caillou, et c'est ce que tu as fait. Tu n'as pas hésité, tu ne t'es pas dégonflé, tes coups s'abattant contre la pauvre bête avec violence et fureur, te rendant juge, jury et bourreau à la fois. En vérité, le premier coup avait suffi à lui fendre le crâne en deux et à broyer sa cervelle, mais tu ne t'étais pas arrêté pour autant. Pour la première fois de ta vie, tu t'étais senti libre, comme si tu avais enfin la mainmise sur le destin : au lieu de te soumettre aux visions macabres qui polluaient ton cerveau, tu étais enfin en mesure d'agir sur les suggestions qu'elles t'offraient. Ce jour là, tu as arrêté d'avoir peur.

Évidemment, il s'agit également du jour où tu es devenu effrayant. Tu ne te rappelles pas du sang et du battement des ailes du pigeon, avant que celui-ci ne cesse de se mouvoir pour sombrer dans une immobilité des plus totales. Tu ne te souviens plus des cris terrorisés de l'éducatrice lorsqu'elle t'a vu revenir, le pigeon à la main, les mains gorgées de sang. Tu ne te souviens plus de la visite chez le psychiatre, ni des lumières qu'il te faisait clignoter dans les yeux comme si cela lui permettrait de se frayer un chemin vers le miroir brisé de ton âme. Tout ce dont tu te souviens, c'est de la liberté. C'est ce jour là que ta vie a basculé.

Pendant un temps, cette liberté avait suffi à te plonger dans un semblant d'équilibre réconfortant. Tu dormais sereinement. Tu mangeais à plein appétit, pour changer. Tu avais même trouvé le courage, pour essayer de parler, à nouveau, avant de te raviser en te rappelant que tu en serais incapable. Les visions se sont arrêtées. Puis, une nouvelle fille est arrivée à l'orphelinat. Belle et douce, et pure comme le printemps, sa splendeur n'était qu'égalée par sa gentillesse. Alors que tous les autres enfants t'avaient renié, elle avait fait un pas vers toi, t'avais tendu la main et lancé un sourire. Le soleil brillait derrière elle, obscurcissant son visage et lui donnant une aura spectrale, comme si elle ne pouvait pas venir de ce bas monde et qu'elle était une envoyée de l'au-delà. Désorienté, tu avais plissé des yeux afin de tenter de mieux décerner ses traits, et c'est alors qu'une vision, plus macabre que toutes les précédents, avait décidé de te frapper de plein fouet.

Tu en as perdu tous tes repères. Comme aveuglé, voilà que tu titubais, dans l'obscurité des plus totales. Tu étais tellement perdu dans ta monde que tu n'avais même pas remarqué que la fille te suivait, jusqu'à ce que sa main ne se pose sur ton épaule et que tu ne te retournes en sursautant. Elle venait peut être de ce monde, mais ce sourire, tu étais convaincu, ne pouvait que venir d'ailleurs.

C'était ta première amie.

Vous déjeuniez ensemble. Elle te racontait sa vie et tu l'écoutais, en silence. À tes heures libres, lorsqu'elle était occupée autrement, tu retournais à tes fascinations et à tes occupations macabres, au dépeçage des écureuils ou au broyage de fourmis. Mais le temps libre t'étais rare, ces temps là : dès qu'elle en avait l'occasion, elle venait à ta recherche et, l'espace de quelques instants, tu te plaisais à croire qu'un jour, tu saurais être comme elle : un halo de lumière et de bonté, sans la moindre ombre de noirceur.

Cruelles désillusions.

La nuit, elle aussi, était devenue cruelle. Jalouse de ta nouvelle amie, elle apportait, à sa tombée, de nouvelles lubies, toutes plus terribles les unes que les autres. Tandis que le jour, tu t'imaginais des ailes en lui tenant la main, le soir tombé, voilà que tu les lui déchirais, avec des ongles de fer et des crocs d'acier. Tu entendais ses délicieux cris, tu sentais ses regards terrifiés s'immortaliser sur toi dans les secondes interminables de ses derniers souffles, et ce n'est qu'alors que tu ressentais une chaleur étrange, en toi, au niveau du bassin, comme tu n'en avais jamais sentie auparavant.

Puis, tu t'endormais.

Avec le temps, les démangeaisons te brûlaient la peau. Terroriser les rongeurs et exterminer les insectes ne suffisait plus à assouvir la soif éternelle qui t'affligeait. Alors, tu t'étais réconcilié avec le couteau suisse que tu avais trouvé par hasard, un jour, en te promenant dans les bois, et tu t'étais libéré de ton désir de sang en l'assouvissant avec ta propre chair. L'incision était stridente, la douleur, fraiche. Tu volais sur un nuage d'euphorie qui semblait vouloir durer une éternité. La coupure est superficielle, la douleur, réelle. Elle t'enrobe dans ses douces caresses et un instant, tu imagines ton démon s'échapper de toi, comme si tu venais de le libérer par le biais de cette simple incision. Les gouttes de sang qui jaillissent à la surface te rappellent le peu de vie qu'il reste en toi et ça te rassure. Puis, le sang s'arrête de couler. L'incision était trop légère, la coupure, pas assez profonde. Mais la soif de sang, elle, continue. Alors, tu brandis ton couteau et tu te marques une deuxième fois, sur l'autre bras. Moins loin des veines, cette fois-ci, bien que tu restes attentif et méticuleux dans ton oeuvre. Lorsque cette coupure-ci cesse également de saigner, tu repasses à l'autre bras. Ce petit cirque dure bien une demi-heure, ou une heure, tu ne sais plus trop, le temps coulant à rythme saccadé dès que tu t'enfermais dans les toilettes avec ce couteau que les éducateurs n'ont pas su trouver. Il faut dire que personne ne songerait à fouiller le matelas sur lequel tu dormais pour s'assurer que tu n'y avais rien dissimulé. Tu avais pris bien soin de faire un trou au niveau de la tête, sous l'oreiller, afin de maximiser la sécurité de cette cachette.

La scarification te gagnait le temps qu'il te fallait pour pouvoir vivre dans l'illusion que tu aurais peut être le droit, toi aussi, à une vie normale. En te blessant de la sorte, tu t'ôtais tout désir (ou presque) de la défigurer à coups de poing ou de lui arracher la peau des os. Parfois, tu te faisais peur avec tes pulsions sanguinaires. Mais dès que tu étais avec elle, celles-ci s'éteignaient, te permettant enfin d'être le toi que tu aurais toujours voulu être, à défaut de pouvoir réellement le devenir.

Lorsqu'une famille d'accueil se décida à l'intégrer à leur foyer, ta vie changea du tout au tout. Elle n'était pas restée bien longtemps, au final : une poignée de semaines, tout au plus, mais cela t'avait suffi pour naïvement croire que votre amitié durerait pour l'éternité. Le jour de son départ, elle t'avait embrassé, mais tout ce que tu pouvais voir, c'était son cadavre gisant, vidé du coeur encore battant que tu tiendrais entre tes mains. Son départ annonçait toutes sortes de sentiments conflictuels en toi. La douleur, de la voir disparaître, en t'abandonnant à ton raz-de-marée de démons. La colère, dirigée envers la naïveté dont tu avais fait preuve en croyant sottement qu'elle serait, elle aussi, condamnée à finir ses jours dans cet orphelinat à tes côtés : évidemment qu'elle serait rapidement adoptée. Tout ce qu'elle touchait s'en retrouvait irrévocablement transformé. Et puis, il y avait le soulagement : celui de savoir qu'elle serait loin de toi, et donc, en sécurité. Tu savais peut être bien maîtriser tes pulsions lorsque vous étiez ensemble, mais tu n'étais pas dupe : ils auraient su trouver un moyen de prendre le dessus une nouvelle fois, et alors ... Tous efforts seraient vains pour tenter de les en dissuader. Et puis, finalement, il y avait la jubilation. Enfouie bien profondément, au delà des limbes de la conscience et dans les tréfonds du subconscient, il y avait la jubilation. Celle de ne pas avoir à jouer un rôle, à présent, pour elle. De pouvoir être celui que tu étais réellement. Avec le temps, ta conviction qu'il ne s'agissait là que des propos de ton démon intérieur a fini par se diluer pour laisser place à une autre hypothèse, bien plus effrayante encore : que tu n'avais pas de démon intérieur, que ces désirs grotesques t'appartenaient et que personne ne pourrait te les enlever.

Les années passèrent, sans grands évènements. Tu continuais ton jeu discret, mutilant tes avant-bras et les rares animaux malchanceux qui croisaient ton chemin. Parfois, tu te battais avec les autres adolescents, à l'école ou à l'orphelinat. Tu mordais, tu te débattais, tu frappais avant de les laisser, gisant, le visage baigné de sang. Tu as été discipliné, sanctionné, confiné et ostracisé, mais cela t'importait peu : la folie te consumait à petit feux, s'élevant au rang d'obsession, tant et si bien qu'elle s'était retrouvée à définir ton existence.

Mais cela ne dura qu'un temps.

Tout bascula l'année de ton dix-huitième anniversaire, lorsque cette amie que tu t'étais efforcé d'oublier sans jamais véritablement y parvenir s'est retrouvée à te rendre visite pour la première fois depuis ta visite. Elle t'avait apporté une bouteille de gin et quelques pilules qu'elle avait réussi à acheter avec de l'argent volé à sa famille d'accueil. Elle te parlait de ce fameux petit-ami que presque toutes les filles dans son école convoitaient, mais que ce n'était pas grave, car il était à elle. Elle te racontait leur histoire : comment ils s'étaient rencontrés, ce qu'ils faisaient ensemble. À quel point il était déplorable au lit. Votre conversation était ponctuée par des gorgées de gin et elle avait même pris l'une des pilules qu'elle t'avait emmené. Toi, tu avais refusé la pilule, te contentant du gin. C'était la première fois que tu buvais de l'alcool. Il te travaillait les sens et faisait remonter tous tes instincts à la surface. Elle te disait qu'elle s'était toujours demandé si tu serais un bon coup, mais tu ne l'entendais plus vraiment. Ta vision se brouillait, rougie par ta rage, celle qui te poursuit depuis si longtemps et à laquelle tu n'as jamais su échapper. Lorsque tu revins à tes sens, elle était assise à califourchon sur tes jambes. Son haleine empestait l'alcool et ses yeux, vidés de leur vie, ne te faisaient plus aucun effet. Elle balaya ses cheveux vers l'arrière d'un simple geste de la main afin de dégager son visage, qui était ravagé par la maigreur. Tu n'as jamais vraiment compris comment les choses avaient pu évoluer de la sorte, ni ce qui lui était arrivé pour qu'elle change tant. Tout ce que tu sais, c'est qu'elle t'a embrassé, à ce moment là. Elle a posé ses lèvres contre les tiennes, et tu t'étais empressé de passer une main dans ses cheveux. Lentement ... Tu les faisais glisser entre tes doigts, un à un, avant de les enserrer fermement dans tes doigts. Sans t'en rendre compte, tu avais commencé à les tirer, et ce n'est que lorsqu'elle te repoussa avec violence que tu te rendis compte que tu lui faisais mal. Elle se mit alors à t'insulter, à te demander quel était ton problème. Si seulement tu avais su lui dire, toutes ces années auparavant, peut être bien qu'elle aurait eu la présence d'esprit de ne jamais revenir. Mais tu n'as su l'en avertir et lorsqu'elle a commencé à se retourner pour partir, tu t'étais levé sans un bruit pour te rapprocher d'elle. Il y avait, à ta droite, un caillou que tu avais remarqué lorsqu'elle buvait goulument quelques gorgées de gin. Tu l'avais mis dans ta poche sans un bruit. Malgré tes efforts, elle t'avait entendu marcher derrière elle, tes pas crépitant contre les gravillons avec tout le poids de la menace que tu représentais. Elle avait commencé à se retourner à nouveau, comme pour te demander des comptes, mais tu ne lui en laissas pas l'opportunité. Avec violence, tu frappas son crâne d'un coup sec. Elle tomba au sol. Tu n'es jamais parvenu à te souvenir de la suite des évènements. Tout ce dont tu te souviens, ce sont les mois qui ont suivi. On t'avait emmené dans une salle où tu n'étais jamais allé auparavant. Il y avait du bois partout, et plein de gens que tu ne connaissais pas. Entre le brouhaha environnant et le capharnaüm de tes pensées, il t'était difficile de percevoir les différents mots qui fusaient à une allure vertigineuse dans la salle. Seuls les suivants avaient su se frayer un chemin vers ta conscience :

Agression ... Homicide ... Sang froid ... Viol ... Mutilation ... Infirmité mentale ... Menace ... Dégénérescence ... Antécédents ... Danger public.

À ce jour, tu peines encore à te souvenir exactement de l'incident, jusqu'aux moindres détails. Parfois, entre deux éclats de lucidité, tu retrouves une bribe lumineuse de ce moment fatidique. Une chose est certaine : si elle n'était jamais revenue te voir, les choses se seraient passées autrement. Si elle ne t'avait pas donné de gin, si elle ne t'avait pas parlé de ses aventures, si elle n'avait pas essayé de consumer ce qu'elle croyait être l'opportunité d'une relation avec toi ... Alors, peut être que les choses se seraient passées autrement. Mais elle était venue te voir. Elle t'avait apporté du gin, et même des pilules dont l'origine ne pouvait qu'être douteuse. Elle t'avait montré toutes les imperfections qu'elle avait su se trouver en si peu de temps, bercée par la douce naïveté que tu comprendrais ses émotions tumultueuses et son fatalisme en vogue. Son erreur avait été d'ignorer que tu étais bien plus endommagé qu'elle, et qu'aucune quantité de gin ou de conversation aurait pu te guérir de tes afflictions. La tienne avait été de croire qu'elle était autre chose qu'une humaine criblée de failles et de défauts.

Ta culpabilité avait été indéniable. Si les attestations des psychologues qui t'avaient suivi toutes ces années n'étaient pas rentrées en jeu, tu te serais probablement retrouvé emprisonné derrière les barreaux d'une prison, mis en cage, tel un animal. Le sort qui t'avait été réservé était cependant bien pire. On t'avait immobilisé les bras et trainé de force dans un camion, pour t'emmener quelque part où tu n'avais jamais mis les pieds auparavant. Dans le camion, il faisait sombre. Tu essayais d'avoir peur mais tout ce que tu ressentais, c'était l'indolence. Elle avait beau avoir été la victime d'un coup sur le crâne, tu étais celui qui t'en était retrouvé engourdi. Elle s'était contentée de mourir. Au final, tu envies sa sombre destinée.

Tu aurais pu te débattre, mais cela t'avait semblé futile, à ce moment précis. Tu ne comprenais pas vraiment ce qu'ils allaient faire avec toi. Tout ce que tu savais, c'était que tu avais été emmené à « l'asile ». On t'a escorté jusqu'à une petite salle où une lumière, timide et menaçante, brillait avec toute la constance d'une girouette. Alors qu'elle frétillait, un bonhomme étrange avec des grosses lunettes et un nez en trompette t'avait examiné, comme tous les psychologues d'antan. Lui aussi avait essayé de faire clignoter des lumières dans tes yeux, mais s'était ravisé lorsque tu lui as attrapé le poignet. Les gardes se sont immédiatement levés, avant que le psychiatre ne leur fasse signe de se rassoir. Il rangea sa lampe de poche, puis te posa quelques questions. Il te demandait si tu savais où tu étais. Si tu avais des allergies. Si tu comprenais pourquoi tu étais là. Tu ne répondais à rien, comme à ton habitude. Il se mit à soupirer, avant de faire appel à une infirmière, à qui il transmit une feuille de papier. Lorsqu'elle revint dans la salle, quelques minutes plus tard, ses mains n'étaient pas vides. Le psychiatre prit les médicaments qu'elle lui tendait, avant de se tourner vers toi de nouveau.

C'est à ce moment là que tu t'es senti comme une victime de nouveau. La liberté que tu avais brièvement trouvée dans ton moment de fureur s'était entièrement dissipée, te livrant à la merci du système médical et des méthodes qu'ils avaient pour s'occuper des nuisibles comme toi. Il te demanda de prendre les comprimés et tu n'as pas réagi. Il te demanda de les prendre une deuxième fois. Cela ne changea rien. Le psychiatre se mit alors à soupirer, avant de t'annoncer que tu ne lui laissais pas le choix. Avant que tu n'aies le temps de comprendre ce qu'il se passait, il fit signe aux deux gardes, qui t'attrapèrent sans te donner de préavis. Le psychiatre te mit alors deux ou trois pilules dans la bouche, avant de te forcer à boire de l'eau. Tu avais alors essayé de le mordre, sans grand succès. Ta réticence à coopérer te permit de recracher tout ce curieux cocktail sur ton pantalon, te trempant jusqu'à l'os, mais cela ne suffit pas à décourager le médecin, qui tenta une nouvelle approche. Plusieurs minutes s'écoulèrent, suite auxquelles les gardes t'avaient escorté jusqu'à une salle sombre où se trouvait un petit lit et une armoire. Et rien d'autre. Tu avais essayé de te débattre sur le chemin, mais ça avait été en vain : ils te tenaient fermement afin d'empêcher toute tentative de rébellion. Une fois entré dans la salle, voilà que la porte se refermait derrière toi. Affolé, tu avais cherché à l'ouvrir avant de te rendre compte qu'elle était verrouillée de l'extérieur. Tu t'étais mis à gratter aux murs, puis à la porte, puis à gratter au sol, dans l'espoir vain qu'une issue se présenterait miraculeusement à toi. Ce cirque ne dura pas plus de cinq minutes, suite auxquelles ta tête te sembla lourde. En te hissant du sol, tu manquas de tomber à terre de nouveau, comme assommé par les pilules qui commençaient à faire effet. Tu t'étais précipité jusqu'au lit, où tu te laissas tomber.

Depuis, dix années se sont écoulées.

Parfois, il t'arrive d'avoir des moments de lucidité. L'infirmière entre dans ta chambre avec une minute de retard et tu te souviens qui tu es. Tu n'as aucune conscience du nombre d'années qui se sont écoulées depuis que tu es ici. Tu n'as aucune conscience des changements qui se sont produits dehors, pendant ton absence. Tu n'as même pas conscience des changements qui se sont produits sur ton propre corps, avec le temps. De la maigreur qui s'était fait un nid confortable au plus profond de tes entrailles. Des cicatrices qui avaient presque (mais pas tout à fait) disparues de tes avant bras. De la barbe farouche qui orne ton visage et qui, inexplicablement, est toujours soigneusement maintenue.

De l'extérieur, on te croit inoffensif. On te regarde, toi et tes yeux vitreux qui ne voient plus que les songes dans lesquelles l'impressionnant cocktail de pilules avec lesquelles on te drogue t'a plongé, et on hausse des épaules. Parfois, on prend le temps de se demander quelle est ton histoire : comment tu as atterri ici, pourquoi tu ne parles pas et, surtout, pourquoi tu as toujours l'air de ne pas vraiment être là, comme si tu étais perdu dans un "ailleurs" dont seul tu connais le secret. Personne ne connait les véritables poisons qui ont consumé ton âme, il y a tant de temps. Même toi, tu n'en as plus conscience : elles ont fini par te remplacer.
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